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13/03/2013 04:16 EDT | Actualisé 13/05/2013 05:12 EDT

Main-d'oeuvre: Québec accentue la pression sur le gouvernement fédéral

Presse canadienne

QUÉBEC - Inquiet, le gouvernement Marois accentue la pression sur Ottawa en faveur du maintien des transferts fédéraux pour la formation de la main-d'oeuvre.

À l'approche du dépôt du budget fédéral, l'Assemblée nationale a adopté à l'unanimité une motion demandant au gouvernement Harper de renouveler l'entente Canada-Québec sur le marché du travail 2008-2014, qui prend fin le 31 mars 2014.

Le non-renouvellement de cette entente priverait le Québec d'une cagnotte de 116 millions $, a déclaré le ministre des Finances, Nicolas Marceau, mercredi en point de presse, aux côtés de ses collègues des Affaires intergouvernementales canadiennes, Alexandre Cloutier, et de la ministre de l'Emploi, Agnès Maltais.

Les ententes signées avec le gouvernement fédéral en 1997 et en 2008 ont fait consensus au Québec mais les signaux entendus jusqu'ici n'augurent rien de bon pour la suite des choses, a souligné M. Marceau.

«Nous sommes très inquiets», a-t-il dit.

Des informations qui n'ont pas été confirmées ni démenties prêtent en effet au gouvernement fédéral l'intention d'intervenir davantage dans la gestion de ces transferts. Le ministre des Finances, Jim Flaherty, souhaiterait notamment plus de coordination et de reddition de comptes de la part des provinces.

«C'est toujours décevant pour le gouvernement du Québec de voir le gouvernement fédéral lancer ou initier des réflexions à partir des médias plutôt que de nous appeler et de nous prévenir, et de dialoguer avec nous», a dénoncé le ministre Cloutier.

Un échange avec le ministre fédéral Christian Paradis la semaine dernière n'a pas permis de dissiper les doutes quant aux intentions d'Ottawa.

«Il n'a pas infirmé ni confirmé, on est encore au stade des rumeurs. Alors là, vous avez la position officielle du gouvernement du Québec», a dit le ministre québécois.

En vertu de l'entente actuelle, le gouvernement fédéral verse près de 2 milliards $ par année aux provinces pour qu'elles offrent de la formation aux prestataires d'assurance-emploi et 500 millions $ pour les chômeurs qui n'y ont pas droit. Au Québec, les travailleurs de la forêt et ceux des pêches comptent parmi les bénéficiaires de l'accord.

«On allonge les durées de travail par des formations, on qualifie le monde, on les amène, des fois, à des qualifications qui vont être reconnues dans une autre entreprise», a expliqué la ministre Maltais.

Le gouvernement péquiste compte aussi sur ces fonds pour soutenir sa politique controversée de retour au travail des sans-emploi de 55 ans et plus.

Pour l'heure, Québec refuse de faire de la «stratégie ouverte» sur la riposte qu'il entend servir au gouvernement fédéral s'il refuse de renouveler l'entente. Rien toutefois ne semble exclu, y compris le recours aux tribunaux.

«Dois-je rappeler que la main-d'oeuvre et la formation de la main-d'oeuvre sont une compétence du Québec? Le gouvernement fédéral n'a rien à voir dans la formation de la main-d'oeuvre. Ça a été reconnu devant les tribunaux. C'est nos champs de compétence. Que le gouvernement fédéral transfère de l'argent, il n'y a pas de problème, mais ce n'est pas vrai que la formation de la main-d'oeuvre va être dirigée à partir de Toronto», a prévenu le ministre Cloutier.

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