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13/03/2013 05:48 EDT | Actualisé 13/05/2013 05:12 EDT

L'élection du nouveau pape bien accueillie à Québec

Le cardinal Marc Ouellet n'a pas été élu pape. Dès la deuxième journée de conclave à Rome, les cardinaux ont choisi l'Argentin Jorge Mario Bergoglio qui prend le nom de pape François. La nouvelle suscite plusieurs réactions à Québec entre surprise, soulagement et déception.

Soeur Anne-Marie Gagné, de la Congrégation des Soeurs de la Charité de Québec, a côtoyé Marc Ouellet pendant de nombreuses années. Selon elle, ce dernier doit être soulagé de ne pas avoir hérité du pontificat. Le cardinal Ouellet, dit-elle, n'entretient pas de telles idées de grandeur.

Aussi, soeur Gagné voit d'un bon oeil l'élection d'un premier pape non européen. « L'Amérique du Sud, en général, se développe bien. Elle a une bonne vision du religieux. Elle est préoccupée par les pauvres. C'est à la fois un nouveau message et une continuité. En ce sens où l'Amérique du Sud est la partie la plus catholique actuellement et en expansion de nouvelles évangélisations. »

Même son de cloche du côté de l'ancien archevêque de Québec Mgr Maurice Couture, qui reconnaît qu'au diocèse de Québec les attentes étaient élevées. Plusieurs croyaient que Marc Ouellet serait élu. Or, il estime lui aussi que le principal intéressé doit pousser un soupir de soulagement.

« Il possédait beaucoup d'atouts qui lui permettraient d'être choisi, mais je pense que cet homme-là aurait trouvé difficile d'affronter certains problèmes cuisants dans l'Église et connaissant sa sensibilité, son émotivité même, je pense que comme humain, il a évité une épreuve », avance-t-il.

Jasmin Lemieux Lefebvre, porte-parole du diocèse de Québec, abonde dans le même sens. « Un certain soulagement pour l'homme. Il avait déjà une charge exceptionnelle comme préfet de la Congrégation des évêques. Cela aurait décuplé son rôle. Pour sa famille, Graziella [la mère de Marc Ouellet] va pouvoir voir son enfant cet été », s'exclame-t-il.

Le successeur de Marc Ouellet à Québec, Mgr Gérald Cyprien Lacroix salue pour sa part l'arrivée du pape François. « Les surprises de la vie, les surprises de Dieu, s'exclame-t-il. Qui aurait pensé que, cette fois-ci, nous aurions un pape de notre continent. C'est une première en 500 ans et plus d'évangélisation, ici, en Amérique. »

Mgr Lacroix s'envole jeudi pour Rome afin d'assister à la messe inaugurale qui aura lieu le 19 mars sur la Place Saint-Pierre.

De son côté, le maire de Québec reconnaît éprouver une petite déception, mais note néanmoins qu'il est fier du cheminement du cardinal. « On aurait aimé ça honnêtement. On se met toujours à y croire dans les derniers moments. Bon! Alors, je vais lui écrire demain au cardinal Ouellet pour lui dire comment on l'a pris ici. »

Par ailleurs, selon le vice doyen de la faculté de théologie de l'Université Laval, Alain Faucher, l'élection du cardinal argentin Jorge Mario Bergoglio est de bon augure. « C'est un jésuite, alors c'est quand même des gens qui habituellement sont très proches des gens les plus faibles, les plus pauvres. Ce sont des gens très au courant des besoins sociaux et je pense qu'il va apporter un souffle intéressant au niveau social. »

Sans compter, ajoute-t-il, la rencontre de Rio de Janeiro, lors des Journées mondiales de la jeunesse, qui devrait, selon Alain Faucher, connaître un succès encore plus grand avec un pape originaire du Sud.