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13/03/2013 02:16 EDT | Actualisé 13/05/2013 05:12 EDT

L'Arabie saoudite exécute sept hommes malgré les appels à la clémence

L'Arabie saoudite a exécuté mercredi en public sept jeunes hommes condamnés à mort pour attaque à main armée, ignorant les appels pressants de défenseurs des droits de l'Homme à les épargner.

Les sept Saoudiens, "reconnus coupables de plusieurs attaques à main armée, ont été exécutés dans la ville d'Abha" dans le sud du royaume ultraconservateur, et cela afin "qu'ils servent d'exemple", a annoncé l'agence officielle SPA.

Selon un témoin joint au téléphone par l'AFP, ils "ont été fusillés sur une place publique en présence de Saoudiens et d'étrangers".

Les ONG Amnesty International et Human Rights Watch s'étaient mobilisées en faveur des sept hommes, condamnés à mort en 2009 pour vol à main armée et braquage de boutiques de bijoux en 2005, appelant les autorités à surseoir à leur exécution.

"C'est un acte de pure brutalité", a réagi Amnesty International après l'annonce de l'exécution. Les condamnés "auraient été torturés pour les forcer à avouer", et avaient affirmé que "leurs proches avaient été menacés de torture s'ils retiraient leurs aveux", selon elle.

L'ONG basée à Londres a souligné que deux des condamnés auraient été mineurs au moment des faits.

Selon le site d'informations www.sabq.org, ils avaient entre 20 et 24 ans au moment de leur exécution.

Deux experts indépendants de l'ONU sur les droits de l'Homme, qui avaient aussi demandé à Ryad de surseoir à l'exécution, ont exprimé leur "indignation".

"Je regrette profondément que l'Arabie saoudite ait exécuté sept personnes en dépit de mon appel et de celui d'autres experts", a déclaré le rapporteur spécial de l'ONU sur les exécutions sommaires, arbitraires et extra-judiciaires, Christof Heyns.

Le rapporteur spécial de l'ONU sur la torture Juan Mendez s'est déclaré extrêmement préoccupé par les informations selon lesquelles les sept hommes auraient été torturés et forcés à signer des aveux.

La France a condamné ces exécutions, estimant que "l'exécution de mineurs au moment des faits est contraire à la Convention internationale relative aux droits de l'enfant, que l'Arabie saoudite a ratifiée".

Le vol à main armée, tout comme le viol, le meurtre, l'apostasie et le trafic de drogue sont passibles de la peine capitale en Arabie saoudite, qui applique de manière extrêmement stricte la charia (loi islamique).

Les condamnés à mort sont en général décapités. Mais la presse a rapporté cette semaine que le royaume comptait désormais recourir aux pelotons d'exécution, en raison d'une pénurie de bourreaux sachant manier le sabre.

Selon le quotidien saoudien Al Yaoum, "une commission regroupant des représentants des ministères de l'Intérieur, de la Justice et de la Santé a été formée pour étudier le remplacement des décapitations par les exécutions par balle".

En attendant, le ministère de l'Intérieur a informé les gouverneurs des provinces qu'ils avaient désormais la possibilité de recourir à l'exécution par balle, qui n'est "pas contraire à la charia", selon ce journal.

Deux autres personnes, un Saoudien et un Nigérian, ont été exécutées mercredi selon le ministère de l'Intérieur, le premier pour meurtre et le second pour trafic de drogue, portant à 27 le nombre de personnes exécutées depuis le début de l'année dans le royaume, selon un décompte de l'AFP.

En janvier, l'exécution d'une jeune domestique srilankaise, condamnée à mort pour avoir tué par étouffement un bébé après une dispute avec la mère de l'enfant, avait suscité des réactions indignées dans le monde entier.

En 2012, 76 personnes ont été décapitées dans le royaume, faisant de l'Arabie saoudite l'un des rares pays au monde à exécuter autant de condamnés à mort.

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