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13/03/2013 05:06 EDT | Actualisé 13/05/2013 05:12 EDT

Birmanie: la «Dame de Rangoun» appuie un controversé projet minier avec la Chine

MONYWA, Myanmar - La chef de l'opposition birmane Aung San Suu Kyi s'est attirée une rare colère populaire, mercredi, alors qu'elle a tenté de justifier un document officiel appuyant la poursuite des activités d'une mine de cuivre dans le nord-ouest du pays, à laquelle s'opposent plusieurs résidants.

Mme Suu Kyi s'est rendue dans le canton de Monywa, mercredi, pour discuter avec des protestataires du rapport d'une commission qu'elle a dirigée. Cette commission a enquêté sur les activités de la mine de Letpadaung ainsi que sur une charge policière contre une manifestation sur les lieux, en novembre dernier, qui a fait de nombreux blessés graves.

Le rapport, rendu public mardi, soutient qu'honorer le contrat minier avec une entreprise conjointe chinoise vaut davantage que les demandes des villageois, qui réclament que les activités minières soient interrompues en raison de problèmes sociaux et environnementaux présumés. Le document ne critique que tièdement les autorités, malgré les blessures causées aux protestataires, majoritairement des moines bouddhistes, par l'utilisation de bombes fumigènes incendiaires.

L'appui de «la Dame de Rangoun» envers les conclusions de la commission pourrait éroder une parti des vastes appuis dont elle jouit depuis plus de deux décennies, en tant que fer de lance de l'opposition démocratique au régime répressif de l'armée.

Les manifestants affirment que la mine, un projet conjoint avec la compagnie chinoise Wan Bao, provoque des problèmes environnementaux et sociaux, ainsi que des ennuis de santé, et qu'elle devrait fermer ses portes.

Le rapport précise que les activités ne devraient pas être stoppées, mais admet que la mine ne dispose pas des mesures de protection environnementale adéquates, et qu'elle ne créera pas davantage d'emplois locaux. Le document stipule toutefois que l'arrêt du projet pourrait créer des tensions avec la Chine, et pourrait décourager les investissements étrangers dont le pays a fortement besoin.