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12/03/2013 07:32 EDT | Actualisé 12/05/2013 05:12 EDT

Une étude sur la langue et le crime reléguée aux oubliettes, faute de cas

Des documents montrent que le gouvernement fédéral a abandonné un plan  pour étudier les activités criminelles chez les jeunes francophones en milieux majoritaires anglophones - et des jeunes anglophones au Québec -, car il ne trouvait pas assez de jeunes contrevenants de chaque groupe.

La Presse Canadienne a obtenu les documents en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

« Lorsque nous avions préparé la méthodologie initialement, nous avons présumé qu'il y aurait des jeunes qui satisferaient les critères d'étude », a écrit une responsable du ministère de la Justice à ses collègues en juillet. « Malheureusement [...], il n'y a pas (ou très peu) de jeunes qui satisfont les critères d'étude. »

Cela a obligé le ministère d'annuler son contrat de 91 000 $ conclu avec Prairie Research Associates, une firme établie à Winnipeg. L'entreprise a reçu une partie du montant pour le travail déjà effectué, montrent des documents.

Trouver un lien entre langue minoritaire officielle et criminalité

Selon un avis de marché, l'étude devait aider le ministère à mieux comprendre si le fait d'appartenir à une minorité linguistique avait quelque chose à voir dans l'entrée des jeunes contrevenants dans une vie de crime.

Le ministère envisageait d'interroger 105 jeunes de communautés de langues officielles en situation minoritaire vivant en centre de réhabilitation dans six provinces, soit la Colombie-Britannique, l'Alberta, le Manitoba, l'Ontario, le Québec et le Nouveau-Brunswick.

Quatre-vingt-dix des 105 participants devaient être des garçons de 12 à 18 ans. Les autres devaient être des filles du même âge. Toutes les filles devaient provenir de l'Ontario, tandis que les garçons pouvaient provenir de n'importe laquelle des six provinces. Tous les participants devaient vivre en ville, et les chercheurs avaient l'ordre de ne pas interroger quiconque avec un trouble de santé mentale sérieux.

Toutefois, les chercheurs n'ont pu trouver que deux provinces qui satisfaisaient tous les critères, montrent les documents. En outre, les jeunes dans ces provinces étaient tous en probation et non en centre de réhabilitation.

« C'est simplement que très peu de gens satisfaisaient les critères, certaines juridictions rapportant même aucun contrevenant de langue officielle en situation minoritaire », a expliqué un porte-parole du ministère de la Justice, Andrew Gowing, dans un courriel à La Presse Canadienne.