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12/03/2013 12:57 EDT | Actualisé 12/05/2013 05:12 EDT

Soudan du Sud: l'ONU redoute une offensive gouvernementale à Jonglei

Les Nations unies redoutent une offensive gouvernementale contre un groupe rebelle dans l'Etat instable du Jonglei (centre du Soudan du Sud) et y ont envoyé des centaines de Casques bleus pour protéger les civils, a indiqué une responsable de l'ONU.

"Nous nous attendons à une opération militaire très prochainement contre David Yau Yau", a déclaré la chef de la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (Minuss), Hilde Johnson, devant l'International Peace Institute à New York.

Yau Yau dirige un groupe rebelle rassemblant quelques milliers de membres et qui a lancé une insurrection l'an dernier après avoir perdu une élection.

"Quand les opérations militaires commenceront, ce qui devrait se produire très vite, nous devrons être présents sur place pour protéger autant que possible les civils", a ajouté Mme Johnson.

Le mandat de la Minuss, qui dispose de 5.000 Casques bleus, est de protéger les civils, mais pas de lutter contre des rebelles aux côtés des forces gouvernementales.

Jonglei a été le théâtre de massacres récurrents entre les ethnies Murle et Lou Nuer. En décembre 2011, un groupe de 8.000 éléments de l'ethnie Lou Nuer a tué plus de 600 membres de l'ethnie rivale Murle. Selon Mme Johnson, l'ONU et des responsables locaux ont évité un nouveau massacre le 28 janvier.

Des associations de défense des droits de l'homme ont aussi accusé l'armée gouvernementale d'y commettre des meurtres et exactions contre les civils.

Le Soudan du Sud accuse son voisin du Nord de fournir des armes à Yau Yau, ce que Khartoum dément.

Cette région est régulièrement le théâtre d'affrontements ethniques et de combats entre rebelles et armée depuis l'indépendance du pays à l'été 2011.

L'ONU poursuit par ailleurs son enquête sur la perte de l'un de ses hélicoptères abattus par l'armée sud-soudanaise le 21 décembre. Le gouvernement avait expliqué que l'hélicoptère avait été pris pour un appareil soudanais livrant des armes à Yau Yau.

Dans un rapport au Conseil de sécurité, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a jugé cette attaque "déplorable" et regretté que certains vols de reconnaissance de l'ONU soient désormais "impossibles" pour des raisons de sécurité.

tw/avz/sam