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12/03/2013 06:24 EDT | Actualisé 12/05/2013 05:12 EDT

Pyongyang désigne sa première cible sud-coréenne en cas de guerre

Le dictateur nord-coréen Kim Jong-Un a fait monter la tension d'un cran avec Séoul en désignant une petite île sud-coréenne comme première cible en cas de conflit entre les deux pays.

Selon l'homme fort du régime nord-coréen, l'île de Baengnyeong, située près de la frontière maritime qui sépare les deux Corée serait la première visée par l'armée nord-coréenne si les hostilités devaient éclater avec la Corée du Sud.

L'île de Baengnyeong compte environ 5000 habitants et abrite plusieurs unités militaires sud-coréennes.

Kim Jong-Un a fait cette déclaration lors de la visite de casernes militaires à la frontière lundi, soit le premier jour de manoeuvres militaires conjointes menées par l'armée américaine et sud-coréenne.

« Une fois l'ordre donné, vous devrez briser le dos des ennemis déments, couper leur gorge et leur montrer ainsi clairement ce qu'est une véritable guerre », a déclaré Kim Jung-Un à ses troupes lors de cette visite, selon l'agence officielle nord-coréenne KCNA.

Guerre de mots

La rhétorique belliqueuse de Pyongyang à l'endroit des États-Unis et de son voisin sud-coréen s'est intensifiée ces dernières semaines en raison de la tenue par Séoul et Washington de manœuvres militaires importantes.

Ces derniers jours, la Corée du Nord a même évoqué la possibilité d'une frappe nucléaire préventive contre les États-Unis et dénoncé l'armistice qui a mis un terme à la guerre de Corée, en 1953.

Les relations entre Pyongyang et Séoul sont très difficiles depuis la tenue en février dernier d'un essai nucléaire par l'armée nord-coréenne. Cet essai nucléaire controversé a été précédé en décembre du tir d'une fusée nord-coréenne considéré par la Corée du Sud et ses alliés comme un missile balistique.

Des gestes qui ont valu à Pyongyang l'adoption de nouvelles sanctions internationales, principalement économiques, vendredi dernier, par le Conseil de sécurité de l'ONU.

Washington préoccupé

Lundi, le département américain du Trésor a décidé de prendre des sanctions contre la banque nord-coréenne du commerce extérieur (FTB), le but étant selon les Américains d'assécher les rentrées de devises utilisées par Pyongyang pour financer ses programmes nucléaire et balistique.

Le porte-parole de la Maison-Blanche Jay Carney a concédé que les États-Unis étaient « préoccupés par la rhétorique belliqueuse de la Corée du Nord », mais a prévenu que le pays n'obtiendrait « rien par la menace ou la provocation ».

Pyongyang conteste la ligne de démarcation maritime entre le Nord et le Sud, tracée par l'ONU après la guerre de Corée (1950-1953).

Plusieurs accrochages meurtriers entre les deux pays s'y sont déroulés ces dernières années.

En novembre 2010, Pyongyang avait notamment bombardé l'île de Yeonpyeong, causant la mort de quatre Sud-Coréens.