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12/03/2013 06:40 EDT | Actualisé 12/05/2013 05:12 EDT

Mouvement étudiant : pas de printemps érable 2013 en vue

Rares sont les militants qui croient encore à un nouveau « printemps érable » au Québec. Les associations étudiantes, bien qu'insatisfaites de la décision du gouvernement de Pauline Marois d'indexer les droits de scolarité, semblent vouloir prendre du recul pour préparer un plan d'action à long terme.

« Il n'y aura sûrement pas de grève générale illimitée au printemps », admet Blandine Parchemal, porte-parole de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE), la plus militante des associations étudiantes.

Malgré la manifestation de quelques milliers de personnes de la semaine dernière, on ne doit pas « s'attendre à revivre des événements comme ce qu'on a vécu le printemps dernier, tout de suite, là », croit Éliane Laberge, présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ).

Martine Desjardins, présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), juge que c'est le bon moment pour « constater qu'on a eu des gains et des avancées importantes », avant de préparer un nouveau plan d'action. « Il faut absolument faire ce moment de pause. »

Déçue de l'issue du Sommet sur l'enseignement supérieur, qu'elle avait d'ailleurs boycotté, l'ASSE considère que la lutte n'est pas terminée, mais que la mobilisation doit être « reconstruite », et que cela pourrait « prendre plusieurs semaines, plusieurs mois », affirme Mme Parchemal.

Or, l'ASSE est elle-même en réorganisation et l'essoufflement général touche aussi ses représentants. Jérémie Bédard-Wien, qui avait pris la relève de Gabriel Nadeau-Dubois, a notamment renoncé à ses fonctions de porte-parole.

En soirée, il a tenu à préciser qu'il n'y « avait pas de poste de porte-parole à l'ASSE ».« Vous me verrez moi, Blandine [Parchemal], Jeanne [Reynolds], Jean-Michel [Savard], alternativement », a-t-il indiqué, ajoutant qu'il avait « pris une pause plus ou moins respectée pour les médias » francophones.

L'ASSE espère tout de même coordonner une journée d'action nationale le 22 mars prochain. Sans en être l'instigatrice, elle continuera de donner son appui aux manifestations locales qui seront organisées pour dénoncer l'indexation des droits de scolarité de 3 % par année annoncée par le gouvernement du Québec.

« Paix sociale » ou « marché de dupes »?

Pour le gouvernement Marois, l'essoufflement de la mobilisation est le signe d'un retour à la « paix sociale ». « C'est pas une manifestation qui amène une crise sociale, c'est un ensemble d'événements », rappelle le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne.

Les partis de l'opposition, pour leur part, y voient plutôt une accalmie temporaire. Selon le porte-parole libéral en matière d'enseignement supérieur, Gerry Sklavounos, le mouvement étudiant n'est qu'en « repli stratégique ». « J'ai pas entendu de renonciation de manifestations », ajoute-t-il.

« La paix sociale que le ministre Duchesne a achetée se révèle être un marché de dupes », estime le porte-parole de la Coalition avenir Québec (CAQ), Stéphane Le Bouyonnec.