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12/03/2013 10:02 EDT | Actualisé 12/05/2013 05:12 EDT

Magnotta: requête de huis clos rejetée, premier témoin entendu

MONTRÉAL - Le père de Jun Lin, cet étudiant chinois que Luka Rocco Magnotta est accusé d'avoir tué et démembré, a quitté la salle d'audience en larmes, mardi, après avoir entendu des éléments de preuve à l'enquête préliminaire du présumé meurtrier.

L'audience a commencé avec les témoignages de policiers qui ont travaillé à la sordide affaire. Lorsque le deuxième témoin a pris la parole, Daran Lin a été submergé par l'émotion et a quitté la salle en sanglots.

«Il a décidé de s'accorder une pause, a dit un avocat de la famille, Daniel Urbas. Il reviendra avec sa femme et sa fille. C'est important pour lui d'honorer son fils, de voir comment notre système judiciaire fonctionne.»

Magnotta, qui est âgé de 30 ans, est accusé du meurtre prémédité de Jun Lin, un étudiant d'origine chinoise qui fréquentait l'Université Concordia, de Montréal. Magnotta aurait ensuite démembré son cadavre dans son appartement du quartier Côte-des-Neiges, et aurait expédié par la poste des membres du corps de la victime.

Au cours de l'audience de mardi, l'homme est demeuré impassible, écoutant, bras croisés, les différents témoignages. Un interprète était assis près de lui pour lui traduire en anglais ce que racontaient les témoins.

L'audience fait l'objet d'une ordonnance de non-publication sur la preuve présentée. Toutefois, les membres du public et les médias sont autorisés à y assister. La juge Lori-Renée Weitzman, de la Cour du Québec, avait rejeté plus tôt mardi une requête de huis clos présentée la veille par l'avocat de Magnotta, Luc Leclair.

Celui-ci alléguait que toute information qui filtrerait de la salle d'audience pourrait porter atteinte au droit de son client à subir plus tard un procès juste et équitable et, pour cette raison, il réclamait l'interdiction pour les journalistes et le public d'assister à l'enquête préliminaire — une mesure extrêmement rare.

L'enquêteur principal dans l'affaire a ensuite été le premier témoin appelé à la barre lors de l'enquête préliminaire. Michel Bourque est enquêteur au Service de police de la ville de Montréal au sein de la section des crimes majeurs.

Plus tard, une technicienne en scènes de crime, Caroline Simoneau, l'a remplacé. C'est lors d'un passage de son témoignage que le père de Jun Lin a quitté la salle d'audience.

Plus tôt, devant l'insuccès de sa demande de huis clos, Me Leclair avait réclamé que l'ordonnance de non-publication qui est déjà en vigueur soit élargie, requête qui a également été rejetée par la juge Weitzman.

Les avocats représentant la famille de Jun Lin et les procureurs de la Couronne avaient aussi exprimé lundi leur opposition à la requête de huis clos, en soutien à l'argumentaire des médias.

L'avocat des médias, Mark Bantey, a expliqué à sa sortie du tribunal que la juge s'était rendue à ses arguments selon lesquels les provisions du Code criminel entourant une ordonnance de non-publication étaient amplement suffisants puisqu'ils visent tous les éléments mis en preuve.

Cette deuxième décision permet donc de rapporter que Luka Rocco Magnotta est, encore une fois, demeuré impassible dans l'enclos vitré de la salle d'audience à sécurité maximale.