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12/03/2013 08:45 EDT | Actualisé 12/05/2013 05:12 EDT

L'ONU accuse des soldats maliens d'exactions

Ce qui était des accusations portées par des ONG et certains médias est maintenant porté par l'ONU.

Le Haut-Commissariat aux droits de l'homme des Nations unies avance que des soldats maliens ont mené des représailles contre plusieurs groupes ethniques depuis l'intervention des troupes françaises au Mali, le 11 janvier dernier.

La haute-commissaire adjointe, Kyung-wha Kang, a indiqué mardi devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU que ses propos se basent sur une mission de l'organisation menée dans le pays depuis le 18 février dernier.

Les représailles, selon elle, visaient « les Peuls, les Touaregs et des groupes ethniques arabes perçus comme soutenant les groupes armés » qui occupaient le nord du Mali depuis 2012.

La responsable a expliqué que « la situation a été exacerbée par la propagation de messages incendiaires, y compris à travers les médias, stigmatisant les membres de ces communautés, dont des milliers ont fui par peur de représailles de la part de l'armée malienne ».

« Ceux qui restent dans le pays ont peur d'être des cibles non pas pour ce qu'ils ont fait, mais pour ce qu'ils sont », a-t-elle ajouté.

Des ONG comme Human Rights Watch ont déjà accusé l'armée malienne de s'en prendre aux civils d'origine arabe ou touareg, soupçonnés d'être complices des islamistes.

Kyung-wha Kang a demandé au gouvernement malien d'enquêter sur les allégations de représailles menées par l'armée et de punir les responsables.

Le ministre de la Justice du Mali, Malick Coulibaly, qui était présent au Conseil des droits de l'homme à Genève, a déclaré que les allégations d'exactions imputables aux forces maliennes sont « le fait d'actes isolés dont les auteurs seront poursuivis et punis ».

Selon lui, « des militaires soupçonnés d'exactions ont été rappelés sans attendre du théâtre des opérations et remis à la justice malienne ».

Un rapport sur la situation avant l'intervention française

Par ailleurs, Mme Kang a présenté le rapport de la haute-commissaire Navi Pillay sur le Mali, un document publié le 7 janvier, avant le début de l'intervention française le 11 janvier.

Ce rapport met en relief les violations des droits de l'homme commises par le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), Ansar Dine et le Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO) dans les trois grandes régions du nord du Mali (Kidal, Gao et Tombouctou) qu'ils contrôlaient depuis le printemps 2012.

Selon l'ONU, ces « groupes extrémistes » imposaient « une application stricte de la charia », entraînant des violations graves des droits de l'homme, y compris des exécutions sommaires, viols, actes de torture et recrutements d'enfants-soldats.

Cependant, le même rapport montre que, dans les territoires sous contrôle du gouvernement, la situation était aussi « préoccupante » concernant l'administration de la justice, de la liberté d'expression et du droit à l'information.

Lundi, des Arabes du Mali réfugiés en Mauritanie ont manifesté à Nouakchott pour dénoncer les exactions dont les leurs, restés au pays, seraient victimes.