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12/03/2013 05:13 EDT | Actualisé 12/05/2013 05:12 EDT

Les conditions de Guantanamo devant une commission des droits de l'homme

Des juristes ont dénoncé mardi une détérioration des conditions de détention à Guantanamo, devant la Commission inter-américaine des droits de l'homme, exhortant les Etats-Unis à faire preuve de "mesures concrètes" pour fermer la prison controversée.

L'avocat Omar Farah, du Centre pour les droits constitutionnels (CCR) s'est adressé à cette commission autonome, qui a le pouvoir de faire des recommandations au plus haut niveau des Etats d'Amérique du Nord et du Sud, en parlant d'une "situation dramatique", alors même que des détenus de Guantanamo mènent une importante grève de la faim.

"Nos clients pourraient bien mourir à Guantanamo non pas parce que les Etats-Unis ne sont pas capables de les transférer, mais parce que le gouvernement n'a pas la volonté de le faire", a-t-il fustigé, estimant que l'administration Obama se cherche des "excuses" pour ne pas honorer la promesse du président de fermer la prison.

Le gouvernement américain invoque régulièrement la loi sur le budget militaire (NDAA), qui interdit le financement du transfert des détenus aux Etats-Unis ou à l'étranger.

"Nous concédons que la NDAA a rendu la fermeture de Guantanamo plus compliquée mais ce serait une grossière erreur de dire qu'elle a empêché les Etats-Unis de relâcher des prisonniers ou de fermer la prison", a renchéri l'avocat, qui représente un détenu yéménite "libérable".

"A la lumière des nombreux tourments que la détention illimitée crée aux prisonniers de Guantanamo et des risques physiques qu'elle impose, à la lumière du fait que les Etats-Unis eux-mêmes ont concédé n'avoir aucun intérêt à prolonger la détention de plus de la moitié des prisonniers, à la lumière du fait que neuf hommes sont morts à Guantanamo (...) les Etats-Unis ont-ils toujours la volonté de fermer Guantanamo et peuvent-ils présenter les mesures concrètes en cours pour atteindre ce but?", a-t-il solennellement demandé au représentant du gouvernement.

Michael Williams, haut-conseiller du département d'Etat, dont le bureau qui travaillait depuis quatre ans à la fermeture de la prison militaire a été récemment fermé, s'est défendu en réaffirmant "continuer à travailler pour permettre les transferts" des 56 détenus désignés pour être libérés sans élément à charge. Certes "aucun transfert n'a été réalisé" depuis longtemps mais "le président a réitéré très récemment son intention de fermer Guantanamo".

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