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12/03/2013 06:48 EDT | Actualisé 12/05/2013 05:12 EDT

Le président iranien critiqué pour avoir consolé la mère de Hugo Chavez

TÉHÉRAN, Iran - Des religieux iraniens ont réprimandé le président Mahmoud Ahmadinejad pour avoir réconforté la mère de Hugo Chavez en lui étreignant les mains et en appuyant son visage contre le sien, un geste qui va à l'encontre des principes de l'islam intégriste.

À l'origine des critiques: une photo largement diffusée qui montre M. Ahmadinejad en train de consoler Elena Frias lors des funérailles du président vénézuélien vendredi.

Des responsables du centre religieux de Qom cités par des journaux iraniens ont déclaré que le comportement du leader avait été inapproprié.

Les règles islamiques strictes observées en Iran interdisent tout contact physique entre les personnes de sexe opposé qui ne sont pas parentes et les religieux n'ont pas pris des gants blancs pour ramener Mahmoud Ahmadinejad à l'ordre.

L'un d'entre eux, Mohammad Taqi Rahbar, a rappelé que ce genre d'épanchement avec une femme ne faisant pas partie de la famille était absolument proscrit, et ce, même si la dame était âgée. Il a affirmé que le geste posé par M. Ahmadinejad était indigne d'un président de la République islamique d'Iran.

L'ayatollah Mohammad Yazdi a pour sa part accusé le dirigeant iranien d'avoir fait le «pitre» et de ne pas avoir protégé la dignité de son pays et de ses fonctions en touchant Mme Frias.

Les religieux ont aussi dénoncé la lettre de condoléances écrite par M. Ahmadinejad aux Vénézuéliens et à leur président par intérim, Nicolas Maduro, dans laquelle il décrit M. Chavez comme un «martyr» qui ressuscitera et reviendra sur Terre aux côtés de Jésus et de l'imam Mahdi, un saint du 9e siècle révéré par les musulmans chiites.

«Votre connaissance de la religion est limitée et il n'y a rien que l'on puisse faire pour remédier à cela», a tranché l'ayatollah Yazdi, s'adressant directement au président.

Cette controverse donne des munitions aux opposants conservateurs de Mahmoud Ahmadinejad à trois mois des élections présidentielles qui doivent avoir lieu en juin.

La constitution iranienne empêche M. Ahmadinejad de briguer un troisième mandat, mais le président cherche un protégé qu'il pourrait lancer dans la course.