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12/03/2013 09:37 EDT | Actualisé 12/05/2013 05:12 EDT

Le Hamas donne un mois aux "collaborateurs" d'Israël pour se repentir

Le mouvement palestinien Hamas, au pouvoir à Gaza, a lancé mardi une campagne d'un mois pour inciter les "collaborateurs" d'Israël à se repentir.

"Nous annonçons l'ouverture de la porte du repentir pour les collaborateurs restants et tous ceux qui sont tombés dans le piège tendu par les services de renseignements de l'ennemi", a déclaré le porte-parole du ministère de l'Intérieur du gouvernement du Hamas à Gaza, Islam Chahwane.

"Nous les appelons à revenir dans le giron de leur peuple et de leur famille", a exhorté le responsable du Hamas qui s'exprimait au cours d'une conférence de presse, précisant que cette offre de clémence expirait le 11 avril.

"Cette campagne est un message que nous adressons à l'ennemi sioniste pour affirmer son échec sur le plan de la sécurité et du renseignement. Les sources d'information sur notre peuple et notre résistance de cette manière seront bientôt taries", a-t-il assuré.

Un responsable du Service de sécurité intérieure à Gaza, Mohammad Lafi, a indiqué pour sa part que les patients subissent des "chantages à l'espionnage lorsqu'ils sont transportés pour traitement dans des hôpitaux israéliens ou en Cisjordanie".

Le gouvernement du Hamas travaille à "mettre en relation les familles de tous les collaborateurs avec le ministère des Affaires sociales pour leur assurer un salaire afin qu'elles soient à l'abri du besoin", a-t-il affirmé.

Le Hamas avait annoncé en novembre la création d'une commission d'enquête sur les exécutions "illégales" de Palestiniens accusés de "collaboration" lors de l'opération israélienne menée entre le 14 et le 21 du même mois contre la bande de Gaza.

Au moins sept Palestiniens avaient été exécutés sommairement -- le premier le 16 novembre et six autres le 20 novembre. A leurs corps, qui avaient été traînés dans Gaza à l'arrière de véhicules, étaient accrochés des messages signés de la branche armée du Hamas revendiquant "l'exécution des traîtres et criminels".

Le numéro 2 du Hamas, Moussa Abou Marzouk, avait ensuite dénoncé des pratiques "inacceptables", affirmant qu'"il n'est permis de punir que dans le cadre de la loi".

Mais un dirigeant du Hamas à Gaza, Mahmoud Zahar, avait estimé que "les droits de l'Homme sont pour les citoyens honorables, pas pour les collaborateurs qui sont la cause du malheur".

Le ministère de l'Intérieur avait cité en exemple "les collaborateurs qui se sont livrés aux services de sécurité", et ont ainsi eu la vie sauve, la loi prévoyant la peine capitale pour toute personne reconnue coupable de "collaboration avec l'occupant".

Le Haut-Commissariat aux droits de l'Homme de l'ONU (HCDH) a condamné ces "exécutions sommaires", soulignant que les victimes étaient auparavant détenues par le gouvernement du Hamas.

Par ailleurs, il fait état de "six civils, dont une femme et trois enfants, (qui) ont pu être tués par des roquettes tirées par des groupes armés palestiniens et qui sont retombées à Gaza", pendant l'opération israélienne à Gaza en novembre 2012.

Le HCDH a dénombré "174 Palestiniens tués à Gaza" pendant l'opération, parmi lesquels "168 par des actions militaires israéliennes, dont 101 sont considérés comme des civils".

Selon un bilan établi par l'AFP de sources médicales des deux camps, 177 Palestiniens ont été tués, dont plus d'une centaine de civils, ainsi que six Israéliens, quatre civils et deux militaires.

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