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12/03/2013 05:10 EDT | Actualisé 11/05/2013 05:12 EDT

La réforme de l'assurance-emploi va détériorer la situation des travailleuses, affirme une étude

La réforme fédérale de l'assurance-emploi pénalisera encore plus les femmes que les hommes. C'est ce qu'affirme les membres du Comité consultatif Femmes en développement de la main-d'œuvre. Ce Comité, basé à Montréal, s'est appuyé sur les résultats d'une étude (encore à paraître) pour présenter un avis à la Commission des partenaires du marché du travail, en février 2013.

L'étude à paraître qui a servi de fondement aux réflexions du Comité est menée par l'économiste Ruth Rose, spécialiste en politiques publiques. Dans ses recherches, l'économiste met en lumière que les réformes successives qu'a subies l'assurance-emploi ont fragilisé la situation des chômeurs et, encore plus, celle des chômeuses.

Un exemple : 95 % des personnes ayant perdu leur emploi bénéficiaient de prestations au début des années 1990. Or, en 2010, 66 % des hommes ayant perdu leur emploi recevaient des prestations, contre 54,7 %. « La situation des femmes était déjà préoccupante et la réforme actuelle va contribuer à la détériorer davantage », affirment les membres du Comité consultatif Femmes en développement de la main-d'œuvre.

La situation des femmes sur le marché du travail est encore moins avantageuse que celle des hommes, et ce, à tous les égards, rappelle le Comité consultatif :

  • Les femmes gagnent moins que les hommes;
  • Les femmes immigrées et celles appartenant aux minorités visibles sont surreprésentées dans des emplois de piètre qualité;
  • Les femmes représentent les deux tiers des personnes travaillant à temps partiel;
  • Les femmes sont souvent concentrées dans des secteurs d'emploi précaires et saisonniers (tel que le tourisme et la restauration).

Dans son étude à paraître, l'économiste Ruth Rose met en relief que les femmes ont tendance à se retirer du marché du travail quand la conjoncture est mauvaise. Les responsabilités familiales de ces travailleuses, notamment - responsabilités « qu'elles assument souvent seules ») -, rendent difficiles le choix d'un emploi, quand emploi il y a…

En imposant des contraintes plus élevées aux chômeurs, dénoncent les membres du Comité consultatif Femmes en développement de la main-d'œuvre, le gouvernement canadien confinera encore davantage les travailleuses dans des « ghettos d'emploi mal rémunérés, instables et trop souvent temporaires ». Et ce, plutôt que de leur fournir les conditions propices à améliorer leur sort, par la formation et l'éducation, notamment, résume le Comité consultatif dans son avis.

« Plutôt que de s'attaquer aux conditions de travail auxquelles ces personnes sont soumises et qu'elles n'ont certainement pas choisies, la réforme s'attaque aux personnes elles-mêmes », écrivent les auteurs de l'avis présenté à la Commission des partenaires du marché du travail.

La Commission des partenaires du marché du travail est une instance nationale de concertation qui regroupe des représentants des employeurs, de la main-d'œuvre, du milieu de l'enseignement, des organismes communautaires et d'organismes gouvernementaux. La Commission assure l'interface entre l'État québécois et les organisations partenariales et son action est encadrée par deux lois.