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12/03/2013 09:05 EDT | Actualisé 12/05/2013 05:12 EDT

Conclave: l'élection du pape est soigneusement chorégraphiée

VATICAN, État de la Cité du Vatican - L'élection d'un nouveau pape respecte une série de règles et de rituels soigneusement chorégraphiés qui ont été raffinés au fil des siècles, depuis que le mot «conclave» a été utilisé pour la première fois au 13e siècle. Le mot signifie «avec une clé», en référence au confinement des cardinaux tant qu'ils n'auront pas choisi de nouveau pape.

Voici quelques-unes des règles qui guideront l'élection du 266e pape.

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QUI PEUT VOTER?

Seulement les cardinaux âgés de moins de 80 ans, ce qui signifie que, dans ce cas-ci, 115 cardinaux ont le droit de vote. Deux cardinaux admissibles ne participent pas au conclave. L'archevêque émérite de Djakarta, le cardinal Julius Darmaatjadja, n'a pu se rendre au conclave en raison de problèmes de santé. Le cardinal écossais Keith O'Brien s'est récusé après avoir admis quelques inconduites sexuelles.

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QUEL EST LE RITUEL?

La première journée du conclave débute avec la messe pour l'élection d'un nouveau pape, la «Pro eligendo Romano Pontificie». En après-midi, les cardinaux se réunissent à la chapelle Paolina du Palais apostolique avant de se rendre à la chapelle Sixtine en chantant la Litanie des saints et l'hymne latin «Veni Creator», qui implorent l'intercession des saints et du Saint-Esprit dans le choix du prochain pape.

Chaque cardinal place la main sur une copie de l'Évangile et jure de ne rien divulguer des détails du conclave. Les cardinaux participent ensuite, sous la direction du cardinal maltais Prosper Grech, à une méditation sur les qualités que devra posséder le prochain pape. Tous ceux qui ne sont pas des cardinaux sont ensuite expulsés de la chapelle et le vote peut commencer.

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COMMENT VOTENT-ILS?

Chaque cardinal inscrit son vote sur une feuille et s'approche de l'autel. La feuille pliée est placée sur une assiette et ensuite glissée dans une urne d'or et d'argent. Une fois comptés, les bulletins sont cousus ensemble et brûlés dans le poêle de la chapelle Sixtine. Un produit chimique est ajouté pour produire de la fumée blanche ou noire. Jusqu'à quatre votes peuvent avoir lieu chaque jour, après la première journée, et une majorité des deux tiers — à savoir 77 votes — est requise.

Si aucun pape n'a été choisi au bout de trois jours — donc, d'ici vendredi après-midi — le vote s'interrompt pour une journée. Le vote reprend et une autre pause survient si aucun pape n'a encore été choisi après sept tours de scrutin. Ce processus se répète pendant 12 jours. Après cette période, de nouvelles règles annoncées par Benoît XVI tout juste avant son départ imposent aux cardinaux de choisir entre les deux candidats ayant reçu le plus de votes. Une majorité des deux tiers est toujours requise.

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QU'EST-CE QUI ARRIVE APRÈS L'ÉLECTION DU PAPE?

Une fois un cardinal élu pape, le maître des cérémonies liturgiques, monseigneur Guido Marini, demande au candidat s'il accepte son élection. Si celui-ci répond dans l'affirmative, on lui demande alors par quel nom il souhaite être connu. Monseigneur Marini inscrit le nom dans un document formel. À ce moment, de la fumée blanche s'échappe de la cheminée de la chapelle Sixtine et les cloches de la basilique Saint-Pierre sonnent.

Le nouveau pape revêt sa soutane blanche et tous les cardinaux s'approchent de lui, un par un, pour lui jurer obéissance. Le cardinal français Jean-Louis Tauran apparaîtra ensuite au balcon qui surplombe la place Saint-Pierre pour annoncer «Habemus papam!» et présenter le nouveau pape au monde.

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QUE DIRA LE NOUVEAU PAPE?

Le pape Jean-Paul II avait séduit la foule, le 16 octobre 1978, quand il s'était présenté au balcon, devenant le premier non Italien à accéder à la papauté en 455 ans. Soulignant qu'il venait d'un pays lointain, la Pologne, il avait lancé à la foule, en italien, «Si je fais une erreur, vous me corrigerez», ce qui lui avait valu des tonnerres d'applaudissements.

Son successeur, Benoît XVI, avait lui aussi fait preuve de modestie le 19 avril 2005, se présentant à la foule comme «un humble ouvrier dans le vignoble du Seigneur».