NOUVELLES
12/03/2013 01:05 EDT | Actualisé 12/05/2013 05:12 EDT

Bahreïn: deux policiers condamnés à la prison pour le meurtre d'un détenu

Deux policiers bahreïnis ont été condamnés mardi à dix ans de prison pour avoir torturé à mort un détenu chiite pendant les protestations de 2011, a annoncé une source judiciaire.

Ces deux policiers ont été reconnus coupables d'avoir frappé le détenu, Ali al-Saqr, avec un tuyau en plastique ce qui a entraîné sa mort, selon cette source.

Le tribunal criminel de Manama a en revanche acquitté trois autres policiers qui étaient poursuivis pour négligence, n'ayant pas alerté, selon l'accusation, les services médicaux de ce crime.

Les cinq policiers ont par ailleurs été tous acquittés des accusations de meurtre contre un autre protestataire, Zakeriya al-Asheeri, également mort en détention en 2011.

Le puissant mouvement chiite Wefaq a critiqué dans un communiqué la décision du tribunal, affirmant que "la brutalité avec laquelle Asheeri a été tué a été saisie par les caméras".

Estimant qu'on ne peut faire confiance à la justice et que le régime met en oeuvre "une politique de non-punition" pour "ses exécutants", il a appelé à "un système judiciaire juste et indépendant basé sur la transparence".

Le 26 février, une cour bahreïnie avait acquitté deux policiers accusés d'avoir tué par balle un manifestant bahreïni il y a deux ans.

Et le 24 février, une cour d'appel avait confirmé l'acquittement prononcé en décembre en faveur de deux autres policiers, jugés pour la mort de deux manifestants tués également par balles.

Fin janvier, un policier avait écopé de sept ans de prison après avoir été reconnu coupable d'avoir "battu à mort" Ali Mchaimeh, le premier manifestant à avoir été tué lors du soulèvement ayant éclaté le 14 février 2011.

De nombreux policiers sont poursuivis à Bahreïn pour des sévices, des mauvais traitements, voire des meurtres de détenus ou de manifestants.

La justice affirme appliquer ainsi les recommandations d'une commission d'enquête indépendante qui a estimé que les forces de sécurité avaient eu un recours excessif à la force face aux manifestants.

Par ailleurs, l'agence de presse officielle BNA a rapporté mardi que six personnes avaient été renvoyées devant le ministère public pour "avoir utilisé les réseaux sociaux en ligne pour insulter et diffamer le roi", sans plus de précision.

Petit royaume du Golfe dirigé par la monarchie sunnite des al-Khalifa, Bahreïn est secoué depuis février 2011 par un mouvement de contestation animé par la majorité chiite qui réclame une monarchie constitutionnelle.

Malgré la répression meurtrière des manifestations à Manama de la mi-février à la mi-mars 2011, des manifestations continuent d'avoir lieu régulièrement dans les villages chiites autour de la capitale.

Selon la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), au moins 80 personnes ont été tuées depuis le début de la contestation.

L'opposition et le gouvernement ont entamé une nouvelle session de dialogue le 10 février, dans le but de trouver une issue à la crise. Les participants se retrouvent deux fois par semaine mais ce dialogue piétine.

bur/mh-cco/vl