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12/03/2013 06:07 EDT | Actualisé 12/05/2013 05:12 EDT

Affaire Magnotta: la juge statue qu'il n'y aura pas de huis clos (VIDÉO/PHOTOS)

La juge Lori-Renée Weitzman, de la Cour du Québec, a rejeté mardi matin la requête de huis clos présentée par l'avocat de Luka Rocco Magnotta pour son enquête préliminaire. L'Ontarien de 30 ans est accusé d'avoir tué et démembré l'étudiant chinois Lin Jun en mai dernier, à Montréal.

La juge Weitzman avait mis la requête en délibéré, lundi midi, après avoir écouté les arguments de l'avocat de Magnotta, Luc Leclerc. Ce dernier a exprimé des craintes sur le respect de l'ordonnance de non-publication entourant l'enquête préliminaire de son client qui devait s'amorcer lundi. M. Leclerc soutenait que toute information qui filtrerait de la salle d'audience pourrait priver son client d'un procès juste et équitable.

L'avocat de plusieurs médias, Mark Banty, soutenait de son côté qu'une ordonnance de non-publication est suffisante dans cette affaire. « [...] Nous prétendons qu'une ordonnance de non-publication est amplement suffisante pour protéger les droits de l'accusé à un procès équitable et qu'il n'est pas nécessaire d'exclure le public ou les journalistes de la salle [...] au contraire, il est essentiel que les journalistes et le public soient là pour examiner la procédure », déclarait lundi M. Bantey.

L'ordonnance de non-publication interdit aux médias de diffuser l'information divulguée lors de l'enquête préliminaire, alors que le huis clos aurait exclu le public et les journalistes de la salle d'audience. Cette mesure n'a toutefois pas été accordée depuis l'instauration de la Charte canadienne des droits et libertés, selon M. Bantey.

La juge a toutefois maintenu l'ordonnance de non-publication pour la durée de l'enquête préliminaire et sur les discussions entourant la requête du huis clos. L'avocat de Magnotta est revenu à la charge en tentant de faire élargir l'ordonnance de non-publication, une requête qui a semblé agacer la juge Weitzman. Elle a rejeté cette nouvelle requête. « Ellle était de l'opinion que l'article 539 du Code criminel est suffisant [et qu']il n'est pas nécessaire d'élargir l'ordonnance de non-publication, a expliqué M. Bantey. Elle porte sur toute preuve présentée devant la cour et la juge a décidé que c'était suffisant. »

Le procès de Luka Rocco Magnotta risque d'être très médiatisé et plusieurs journalistes étrangers ont l'intention de le suivre. L'enquête préliminaire doit durer de deux à quatre semaines, mais elle pourrait se poursuivre au mois de juin si cela s'avérait nécessaire.

Magnotta a plaidé non coupable à l'ensemble de ces accusations lors de sa première comparution en juin dernier. L'Ontarien de 30 ans aurait tué et démembré sa victime, dont les restes ont été découverts dans des colis envoyés par la poste. Il a été arrêté le 4 juin 2012 dans un cybercafé à Berlin, en Allemagne, après une chasse à l'homme de plusieurs jours, avant d'être rapatrié au Canada.

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