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12/03/2013 06:31 EDT | Actualisé 12/05/2013 05:12 EDT

787: avancée pour Boeing, autorisé à tester ses solutions pour les batteries

Boeing a fait un petit pas mardi vers la reprise des vols commerciaux du 787 "Dreamliner" cloué au sol depuis janvier, en obtenant l'autorisation américaine de tester les solutions qu'il propose pour régler les problèmes de batterie de l'appareil.

L'agence fédérale américaine de l'aviation (FAA) a annoncé dans un communiqué avoir approuvé un "plan de certification" proposé par le constructeur, qui constitue "la première étape dans la procédure destinée à évaluer si le 787 peut recommencer à voler et requiert que Boeing pratique des tests extensifs".

Les tests impliqueront des ingénieurs de la FAA et suivront des paramètres très stricts définis par l'agence, a-t-elle détaillé. Certains seront réalisés en vol, sur deux appareils. Un porte-parole de Boeing a précisé que ces vols auraient lieu "dans les jours à venir".

"Cette série de tests complets nous montrera si les améliorations proposées pour les batteries fonctionnent comme prévu", a commenté le secrétaire américain aux Transports Ray LaHood, cité dans le communiqué de la FAA.

"Nous n'autoriserons la remise en service de l'avion que lorsque nous serons convaincus que la nouvelle conception (de la batterie) assure la sécurité de l'appareil et de ses passagers", a-t-il toutefois prévenu.

La FAA insiste sur le fait qu'elle ne validera la solution proposée par Boeing que si tous les tests requis sont positifs.

Cela n'a pas empêché le PDG du groupe aéronautique, Jim McNerney, de saluer dans un communiqué distinct "une étape essentielle et bienvenue afin de recommencer à faire voler la flotte" de 787.

Cet appareil est le dernier né de Boeing. Les autorités avaient annulé mi-janvier son autorisation de vol dans le monde entier, clouant ainsi au sol les 50 exemplaires déjà livrés, à la suite d'accidents impliquant les batteries de deux de ces avions.

Un départ de feu avait eu lieu début janvier à l'aéroport de Boston aux Etats-Unis sur une batterie lithium-ion d'un 787 opéré par la compagnie Japan Airlines. Les passagers n'étaient alors plus à bord. Une semaine plus tard, un avion du même modèle appartenant à une autre compagnie nippone, All Nippon Airways, était contraint à un atterrissage d'urgence au Japon à la suite d'une surchauffe incontrôlable sur une batterie du même type.

Des enquêtes sont toujours en cours, tant aux Etats-Unis qu'au Japon, pour tenter de déterminer les causes exactes de ces problèmes.

Sans attendre les conclusions des enquêteurs, Boeing a fait des propositions fin février pour tenter d'endiguer les problèmes de batteries de ses avions.

Ces propositions prévoient "une nouvelle conception des composants internes de la batterie pour minimiser le risque d'un court-circuit, une meilleure isolation des cellules et l'ajout d'un nouveau système de confinement et de ventilation", a indiqué mardi la FAA.

L'objectif est "de réduire fortement le potentiel de problème sur les batteries, tout en assurant qu'aucun événement touchant une batterie n'affectera la poursuite en toute sécurité des opérations de l'avion", a commenté le directeur de la branche aviation civile de Boeing, Ray Conner.

Boeing a limité les conséquences financières jusqu'à présent, suspendant ses livraisons de 787 mais en poursuivant la production. Il est toutefois urgent pour lui de parvenir à faire revoler l'appareil, dont le développement avait lui-même déjà accusé beaucoup de retard.

Le patron d'une de ses compagnies clientes, Qatar Airways, avait indiqué la semaine dernière qu'il escomptait une compensation de Boeing. ANA, qui possède 17 dreamliner soit un tiers de la flotte mondiale et ne prévoit plus de les faire revoler avant fin mai, avait aussi indiqué en février qu'elle pourrait y songer une fois la situation clarifiée.

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