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11/03/2013 02:00 EDT | Actualisé 10/05/2013 05:12 EDT

Non à l'uranium au Québec

Deux ans, jour pour jour, après la catastrophe de Fukushima au Japon, des représentants des Premières Nations, des environnementalistes et des municipalités font front commun contre l'exploitation de l'uranium au Québec.

Actuellement, aucune minière n'exploite l'uranium du sous-sol québécois. Tous les projets en cours sont en phase exploratoire. Or, certaines entreprises suscitent l'inquiétude, chez les opposants.

C'est notamment le cas du projet d'uranium de Matoush, dans les monts Otish, qui pourrait bien devenir la première mine d'uranium au Québec.

La compagnie Strateco a obtenu toutes les autorisations nécessaires pour aller de l'avant avec son projet, à l'exception de celle du ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP).

La loi prévoit que si Québec donne son feu vert au promoteur, la compagnie devra débourser 30 millions de dollars d'assurance en cas de dégâts environnementaux. Cette mesure est loin de rassurer le cofondateur de la Coalition pour que le Québec ait meilleure mine, Ugo Lapointe. Ce dernier rappelle que le projet de Matoush implique l'entreposage de 2 millions de tonnes de déchets radioactifs sur le territoire.

« Quelle est la somme d'argent qui est nécessaire pour réparer des torts qui pourraient être causés par un déversement de matière radioactive, qui affecte non seulement le milieu aquatique environnemental, mais aussi le milieu faunique », s'interroge-t-il.

Le coordonnateur de Sortons le Québec du nucléaire, Michel Duguay, abonde dans le même sens. « Les ingénieurs civils, quand ils font des structures, ils les garantissent pour 100 ans. Le radium a une demi-vie de 1600 ans. Qui dans la salle, ici, peut garantir que ça va être bon pour des milliers d'années? Qui? »

Même son de cloche chez les Cris de Mistissini, qui estiment leur territoire menacé par le projet de Strateco. Ils réclament d'ailleurs un moratoire complet sur leurs terres ancestrales. Le président de l'Assemblée des Premières Nations, Ghislain Picard, a d'ailleurs l'intention de proposer une résolution pour faire adopter un moratoire complet sur l'exploitation et l'exploration.

Le ministre de l'Environnement du Québec, Yves-François Blanchet, promet qu'il y aura bientôt une évaluation environnementale de l'ensemble de la filière uranium, a confirmé à Radio-Canada son attachée de presse.

Le gouvernement devrait annoncer cette évaluation environnementale dans les prochaines semaines. Le ministre Blanchet ne peut toutefois confirmer si ce mandat sera confié au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE).