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11/03/2013 06:13 EDT | Actualisé 11/05/2013 05:12 EDT

Des attaques au mortier menées par les rebelles font six morts à Damas

DAMAS, Syrie - Des obus de mortier ont frappé lundi un quartier chrétien et un stade de soccer à Damas, tuant six civils et en blessant au moins 24 autres dans ce qui semble être une nouvelle tentative des rebelles pour semer la terreur dans la capitale syrienne.

Les combattants de l'opposition qui essaient de renverser le président Bachar el-Assad ont multiplié les attaques au mortier à Damas durant les dernières semaines, visant de plus en plus le coeur de la ville.

Les insurgés ont tenté par le passé d'établir des têtes de pont dans la capitale, mais ils ont été repoussés dans les banlieues par les forces du régime. Leur récent recours aux obus de mortier contre des cibles civiles semble indiquer qu'ils ont adopté une nouvelle tactique pour ébranler l'emprise des troupes d'Assad sur Damas.

Lundi, quatre obus se sont écrasés à Bab Sharqi, un quartier dominé par les chrétiens et renommé pour ses églises anciennes. L'un est tombé sur un parc, deux près d'un marchand de crème glacée et un autre sur une maison, a révélé sous le couvert de l'anonymat un représentant du gouvernement syrien.

Selon les autorités, six personnes ont été tuées et 24 autres blessées. Il s'agit de l'une des attaques au mortier les plus meurtrières à être survenues dans la capitale. Il n'y avait aucun combat en cours dans la zone au moment de l'attaque.

Un obus a aussi touché le stade de soccer Tishrin situé dans le quartier de Barakmeh, faisant plusieurs blessés, a rapporté l'agence de presse officielle SANA.

Le général Mowaffak Joumaa, président de la fédération sportive syrienne, a raconté que l'obus avait atterri juste à côté du terrain durant la deuxième partie d'un match, causant de légers dommages. Il a précisé que quatre joueurs qui se trouvaient sur le banc et un journaliste avaient été blessés. Ils ont été transportés à l'hôpital et leur état était stable.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme, un organisme anti-Assad basé en Grande-Bretagne, a fait état d'affrontements entre les troupes du gouvernement et les rebelles dans le quartier de Jobar, situé à environ trois kilomètres à l'est du stade.

Les hostilités ont également repris lundi à Baba Arm, un quartier pauvre de la ville de Homs que les forces du régime avaient réussi à reprendre aux insurgés l'an dernier après un mois de siège.

L'armée syrienne a utilisé des mitrailleuses lourdes et lancé au moins une attaque aérienne, obligeant les résidants à courir pour se mettre à l'abri.

Par ailleurs, les ministres des Affaires étrangères de l'Europe se sont réunis à Bruxelles lundi pour discuter de l'embargo général contre l'envoi d'armes en Syrie.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a déclaré que l'Union européenne devrait envisager la possibilité de permettre que des armes soient livrées aux rebelles, qui disposent de moyens de défense beaucoup moins sophistiqués que les troupes d'Assad.

M. Fabius a soutenu qu'un tel déséquilibre était inacceptable parce qu'il menait au massacre de la population.

La chef de la politique étrangère de l'Union européenne, Catherine Ashton, et l'envoyé spécial de la Ligue arabe en Syrie, Lakhdar Brahimi, ont pour leur part affirmé que seule une solution politique pourrait sauver le pays.

L'Occident hésite à envoyer des armes en Syrie de crainte qu'elles ne tombent entre les mais d'extrémistes islamistes, qui sont de plus en plus présents sur les champs de bataille syriens.

Mais étant donné l'impasse dans laquelle se trouve le conflit, la Grande-Bretagne a convaincu l'Union européenne le mois dernier d'assouplir l'embargo et de permettre à ses membres de fournir de l'aide non létale, comme des véhicules blindés. Les États-Unis ont également annoncé qu'ils offriraient ce type de soutien à l'insurrection syrienne.

Le conflit syrien a commencé il y a deux ans sous la forme d'un soulèvement populaire pacifique contre Bachar el-Assad. Le violente répression du régime a toutefois poussé ses opposants à prendre les armes, provoquant une guerre civile.

D'après les Nations Unies, la crise a fait plus de 70 000 morts et quatre millions de personnes, sur une population de 22 millions d'habitants, ont été forcées de fuir leur domicile à cause des combats.