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10/03/2013 07:57 EDT | Actualisé 10/05/2013 05:12 EDT

Une dernière messe avant le huis clos pour les papabiles

À 48 h du conclave, les foules qui assistaient aux messes des papabiles à Rome étaient à la fois curieuses et pieuses, en ce dimanche particulier, le second depuis le départ de Benoît XVI.

Plusieurs cardinaux qui feront partie du conclave mardi ont célébré la messe dominicale dans des églises romaines. Le Québécois Marc Ouellet a tenu la sienne à l'église qui lui est assignée, Santa Maria in Traspontina, tout près de la place Saint-Pierre.

Lors de sa messe, Mgr Ouellet a plusieurs fois fait allusion au conclave qui débute sous peu, a constaté l'envoyée spéciale de Radio-Canada à Rome, Alexandra Szacka. « En attendant le conclave, ce moment unique dans l'histoire, prions pour que les cardinaux comprennent au mieux la volonté de Dieu et fassent un choix éclairé », a notamment déclaré Mgr Ouellet.

Ceux qui ont assisté à sa messe du cardinal, cité par de nombreux médias internationaux comme l'un des 4 ou 5 plus probables candidats, ont souligné ses talents d'orateur. L'envoyée spéciale de la radio de Radio-Canada à Rome, Anyck Béraud, a rencontré l'un d'eux, l'Italien Mario Galgano. L'employé laïc du Vatican a comparé sa journée à une journée fébrile de Noël, où l'Église est pleine.

M. Galgano a apprécié les propos du cardinal Ouellet.

Une paroissienne qui a aussi assisté à la messe du cardinal Ouellet, Patricia, espère qu'il sera élu. « J'écoutais l'homélie. Il a parlé vraiment très bien de l'espérance, pour l'Église et pour le monde. Alors j'espère que lui peut être un homme pour l'Église, un bon papa », dit-elle.

Au Vatican, l'impatience est palpable. Soeur Esperanza, une jeune religieuse mexicaine dépêchée à Rome par sa communauté, la congrégation de Saint Cœur de Marie, va prier à la basilique Saint-Pierre tous les jours, et elle compte le faire jusqu'à la fin du conclave.

Les travaux vont bon train à la chapelle Sixtine, où une deuxième cheminée est aménagée pour le conclave. La première cheminée sera utilisée pour bruler les bulletins de vote des cardinaux, tandis que la seconde produira la fameuse fumée noire, qui indique que le vote n'a pas abouti à l'élection d'un pape, ou la fumée blanche, qui annonce une élection réussie avec une majorité des deux tiers des suffrages.

Les 115 cardinaux-électeurs appelés à élire ce prochain pape se réuniront dès mardi dans la chapelle. Leur mission est d'élire le 266e successeur de Saint-Pierre.

Les prélats ont tous moins de 80 ans. Ils voteront pour la première fois mardi soir. Ils pourraient voter ensuite jusqu'à quatre fois par jour, jusqu'à ce que l'un d'eux recueille les deux tiers des voix, et cela sans limitation de temps.

En 2005, Benoît XVI avait été élu après deux jours de conclave. Mais l'affaire ne s'est pas de tout temps réglée aussi rapidement. En l'an 1268, l'élection du pape avait duré presque trois ans. Toutefois, depuis un siècle, aucun conclave n'a duré plus de cinq jours.

Les cardinaux papables :

Marc Ouellet - Canada, 68 ans
Il est le préfet de la congrégation pour les évêques, une sorte de directeur de personnel du Vatican. Il a déjà déclaré que devenir pape « serait un cauchemar ». Le fort sécularisme du Québec constitue un avantage ou un désavantage selon les experts consultés.

Gianfranco Ravasi - Italie, 70 ans
Il est le « ministre de la Culture » du Vatican depuis 2007 et il représente l'Église dans les mondes des arts, de la science et de la culture.

Leonardo Sandri - Argentine, 69 ans
Né à Buenos Aires de parents italiens, M. Sandri a été nommé cardinal en 2007. Il occupe le troisième poste au sein du Saint-Siège soit celui de secrétaire général du Vatican. Il est toutefois dépourvu d'expérience pastorale.

Odilo Pedro Scherer - Brésil, 63 ans
L'un des plus sérieux candidats d'Amérique latine. Il est archevêque de Sao Paolo, au Brésil, le pays qui compte le plus de catholiques.

Christoph Schönborn - Autriche, 67 ans
Ancien étudiant de Benoît XVI, l'archevêque de Vienne a publié de nombreux ouvrages depuis le « catéchisme de l'Église » en 1992. Certaines prises de position prudemment réformistes et une forte opposition de la part de certains prêtres autrichiens pourraient cependant l'handicaper.

Angelo Scola - Italie, 71 ans
Archevêque de Milan, il serait le favori de nombreux cardinaux italiens. Expert en bioéthique, il connaît aussi l'islam en tant que président d'une fondation pour la promotion de l'entente entre musulmans et chrétiens.

Luis Tagle - Philippines, 55 ans
Il est un proche de Benoît XVI avec qui il a travaillé au sein de la Commission théologique internationale. Il possède un certain charisme souvent comparé à celui de Jean Paul II, mais il n'est devenu cardinal que l'an dernier et sa relative jeunesse pourrait lui nuire.

Peter Turkson - Ghana, 64 ans
Il est le candidat africain le plus en vu. Il est le président du conseil pontifical « justice et paix ». Il est le porte-parole de la conscience sociale de l'Église et se dit favorable à une réforme du monde financier.