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10/03/2013 04:08 EDT | Actualisé 09/05/2013 05:12 EDT

Pour les rebelles, c'est "la victoire ou la mort" contre Assad

En haut d'un immeuble de la ville dévastée de Deir Ezzor, un lion en peluche a été pendu: "C'est la fin qui attend Bachar al-Assad", assure Mohammad, un rebelle déterminé à en finir avec le président syrien, dont le nom signifie "lion" en arabe.

"Avant ça il n'y aura ni paix ni trêve", assure Mohammad qui, deux ans après le début d'un conflit qui a fait plus de 70.000 morts, se "sent encore plein de force et d'énergie pour poursuivre la lutte".

"Les armes sont devenues la seule solution possible et viable pour mettre fin à la guerre", estime cet homme à la longue barbe qui dirige le bataillon islamiste Al-Moustafa dans cette ville de l'Est. "Nous ne dialoguerons pas avec Bachar, nous combattrons jusqu'à la victoire, jusqu'au dernier souffle".

Près de 10 mois de combats ont transformé Deir Ezzor en une cité fantôme qui ne compte plus que quelques milliers d'habitants, alors que 750.000 y vivaient auparavant.

Capitale de la province éponyme, cet ancien centre florissant de l'industrie pétrolière syrienne, reste contrôlé en majorité par le régime, tandis que les rebelles, en majorité des islamistes, y tiennent une poignée de quartiers.

Le centre-ville offre un paysage de désolation, avec des immeubles criblés de balles, des appartements dévastés, les rues couvertes de décombres.

"Beaucoup de sang a été versé ici. Nous ne pouvons pas nous rendre maintenant alors que nous sommes très près de la victoire finale", affirme Mohammad, qui dit lutter pour "la voie islamique" mais à l'image du modèle turc.

Dans le quartier de Houeiqa, sur les rives de l'Euphrate, les combats ont été très violents entre loyalistes et insurgés, notamment ceux appartenant au bataillon des "Souqour d'Ali ben Abi Taleb" (Faucons d'Ali, 4e calife de l'islam).

"Nous ne ne sommes pas fatigués de lutter, nous sommes mués par la vengeance", explique Abou Hussein, se réchauffant avec cinq de ses camarades d'armes autour d'un poêle. "Nous avons la force de tous ceux qui sont morts ces deux dernières années", assure le combattant se levant pour servir du thé.

Il n'y a que deux voies possibles: "la victoire ou la mort", assure-t-il, avant d'ajouter: "Si lutter contre un régime qui tue des femmes et des enfants fait de nous des terroristes, nous sommes fiers d'être des terroristes".

Le régime syrien assimile les rebelles à des "terroristes" financés et soutenus par l'étranger dans le but de semer le chaos en Syrie.

Pour Abou Hassan, combattant du Front jihadiste Al-Nosra très influent sur le terrain, "la fin d'Assad sera pire que celle de Kadhafi", l'ex-leader libyen tué après sa capture par les rebelles en octobre 2011.

"Mais Assad est un lâche, il finira par fuir la Syrie avant la fin de la guerre", estime ce rebelle, dont le groupe, aux commandes sur le front de Deir Ezzor, figure sur la liste américaine des "organisations terroristes".

La montée des groupes jihadistes combattant en Syrie est le principal argument avancé par les Occidentaux pour ne pas armer la rébellion, malgré leur soutien à l'opposition.

"Nous ne pouvons pas être fatigués car nous menons un jihad (guerre sainte). Mourir au combat est un honneur", affirme Abou Hassan.

Dans le quartier Matar al-Qadim, un des points les plus chauds, Abou Salam, commandant de la Brigade "Ahfad Mohammad" (les petits-fils du prophète), affiche la même détermination.

"Tant que le régime n'aura pas été renversé, nous ne baisserons pas les armes", souligne-t-il.

Selon lui, l'usure gagne les troupes loyalistes après deux ans d'une guerre dévastatrice. "Chaque jour, plusieurs soldats désertent car ils sont fatigués du combat. Certains ont passé 17 mois enfermés dans leur caserne sans pouvoir parler à leurs familles".

Lui-même, malgré sa ténacité affichée, admet aspirer à un retour à une vie normale. "Je voudrais tant pouvoir de nouveau conduire mon taxi et oublier ce cauchemar".

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