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10/03/2013 08:57 EDT | Actualisé 10/05/2013 05:12 EDT

Egypte: un ministre dénonce les "rumeurs" sur les brutalités policières

Le ministre égyptien de l'Intérieur a appelé dimanche à mettre fin aux "rumeurs" sur les brutalités policières, affirmant que les forces de sécurité n'avaient jamais ouvert le feu sur les manifestants depuis le début du soulèvement de 2011.

Au cours d'une conférence de presse, Mohammed Ibrahim, confronté à une grève inédite de milliers de policiers appelant à son départ, a accusé les médias de mener une campagne contre le ministère de l'Intérieur et de propager des mensonges.

"Ce sont nous qui sommes visés par des jets de pierres, par des balles réelles (...) cela met trop de pression sur les officiers", a-t-il souligné.

"La police est attaquée toute la journée dans les médias. Pourquoi ces rumeurs? Pourquoi les attaques?", a-t-il poursuivi, dénonçant des informations faisant état de tortures sur les détenus et accusant la police d'ouvrir le feu sur les manifestants. "Cela est faux".

La police a été impliquée dans de violents heurts avec des manifestants à travers le pays depuis des mois, des ONG de défense des droits de l'Homme locales et internationales l'accusant de meurtres.

Des violences dans la ville de Port-Saïd déclenchées en janvier par des condamnations à mort prononcées contre 21 supporteurs d'une équipe locale de football ont fait plus de 40 morts.

"Il existe des preuves que (...) que la police a ouvert le feu quand elle a été la cible de tirs le 26 janvier, mais elle a continué à tirer même après que la menace eut diminué, tuant et blessant nombre de manifestants et de passants", a affirmé Human Rights Watch la semaine dernière.

Mais M. Ibrahim a insisté sur le fait que la police n'avait jamais tiré sur les manifestants. "Nous n'avons pas effectué un seul tir depuis le 25 janvier (2011). Aucun", a-t-il dit en référence au début du soulèvement populaire qui a mis fin au règne du président Hosni Moubarak.

Selon lui, la police est la cible d'attaques et subit d'énormes pressions, d'où la grève des policiers.

Des milliers de policiers à travers le pays refusent d'obéir aux ordres, certains ayant même fermé des commissariats pour dénoncer leur instrumentalisation par le pouvoir et réclamer la démission du ministre de l'Intérieur, jugé trop proche du président islamiste Mohamed Morsi.

M. Ibrahim a néanmoins estimé que les grévistes étaient une minorité, et affirmé se tenir loin des intrigues politiques.

"Nous appelons tout le monde à nous tenir à l'écart de leurs calculs (des politiciens, ndlr). Nous n'appartenons à aucune formation, idéologie, opposition", a-t-il insisté.

jaz/feb/cco