NOUVELLES
09/03/2013 06:20 EST | Actualisé 09/05/2013 05:12 EDT

Projet de loi 14: les anglos veulent que la CAQ le rejette dans son ensemble

MONTRÉAL - Le Quebec Community Groups Network se dit déçu de la décision prise par la Coalition Avenir Québec (CAQ) de ne pas rejeter dans son ensemble le projet de loi 14, qui modifiera la loi 101.

«On croit que toutes les parties du projet de loi 14 menacent la vitalité de la communauté d'expression anglaise et la pérénnité de ses institutions», soutient la directrice générale de l'organisme, Sylvia Martin-Laforge.

Le président du Quebec Community Groups Network — qui regroupe 41 organismes —, Dan Lamoureux, craint que la CAQ appuie les modifications proposées à la Charte des droits et libertés de la personne.

Selon lui, elles affaibliraient les protections établies contre la discrimination linguistique, en influençant la façon dont les tribunaux interprètent le reste de la Charte.

Pour Mme Martin-Laforge, la communauté anglophone a appris à composer avec la loi 101, mais ses membres voient d'un très mauvais oeil le resserrement des contraintes législatives.

Elle réclame plutôt la mise en place de programmes de soutien pour aider les anglophones à accroître leurs connaissances du français.

«Ce serait plus intéressant pour tous les Québécois de travailler dans une environnement de mesures incitatives plutôt qu'avec des lois et des sentinelles de la langue», fait-elle valoir.

Mme Martin-Laforge demande l'adoption de mesures d'intégration pour les anglophones à l'image de ce qui se fait pour les immigrants.

Elle évoque notamment la possibilité d'offrir des cours de français au sein des entreprises et la mise en place de programmes pour augmenter le taux de participation des travailleurs anglophones au marché du travail.

Mme Martin-Laforge déplore que les travailleurs anglophones représentent moins d'un pour cent des fonctionnaires québécois.

Le projet de loi 14 prévoit l'imposition d'un nouvel examen de français que les étudiants de cégeps anglophones et des élèves du secondaire devront réussir pour obtenir leurs diplômes. Mme Martin-Laforge soutient que la communauté réclame plus de cours de français pour ses travailleurs, mais uniquement sur une base incitative et non contraignante.

«C'est inquiétant de voir qu'on ressert la vis sur ceux qui parlent moins bien le français», déplore-t-elle.

Le chef de la CAQ, François Legault, a annoncé vendredi que sa formation s’opposerait à certains changements proposés dont la francisation obligatoire des entreprises de 25 à 49 employés, et à la révision du statut bilingue des municipalités lorsqu’elles ne comptent pas au moins 50 pour cent de citoyens anglophones.

M. Legault souhaite que le gouvernement péquiste se montre «accommodant» à l'endroit de ces demandes. De son côté, le Parti libéral a déjà indiqué qu’il s’opposera au projet de loi.

L’étude du projet de loi 14 débutera la semaine prochaine en commission parlementaire.