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09/03/2013 07:49 EST | Actualisé 09/05/2013 05:12 EDT

Procès du foot: nouvelles tensions au Caire et Port-Saïd après un verdict

La justice égyptienne a prononcé samedi des peines de prison contre des personnes jugées pour un drame du football l'an dernier, et confirmé des peines capitales émises en janvier, provoquant de nouvelles violences au Caire et à Port-Saïd.

Un club de la police et le siège de la Fédération égyptienne de football ont été incendiés dans la capitale par des supporteurs de l'équipe d'al-Ahly du Caire, en colère contre des peines jugées trop clémentes et l'acquittement de plusieurs policiers.

"Au début, on était contents quand on a entendu les 21 condamnations à mort. On fêtait ça et on n'a pas entendu le reste du verdict", concernant les condamnations plus clémentes et les acquittements, a déclaré à l'AFP un "Ultra", le surnom des supporteurs d'al-Ahly.

"Ensuite, on est devenu très en colère", a-t-il ajouté.

A Port-Saïd (nord-est), sur le canal de Suez, des centaines de manifestants ont bloqué le trafic des ferries qui permettent à la population de se rendre sur la rive opposée, afin de dénoncer le maintien des peines capitales qui visent principalement des supporteurs du club local.

Ils ont incendié des pneus, déployé une banderole réclamant "l'indépendance pour Port-Saïd" et scandé "invalides, invalides!" pour qualifier les jugements de la cour.

Le tribunal du Caire a confirmé les peines de mort prononcées en janvier dernier contre 21 personnes jugées dans cette affaire, qui concerne au total 73 inculpés.

Parmi les 52 personnes restantes jugées samedi, 24 -dont deux policiers- ont été condamnées à des peines allant de an an de prison jusqu'à la réclusion à perpétuité. Les 28 autres -dont sept membres de la police- ont acquittées.

Ce procès concerne la tragédie de février 2012 qui avait fait 74 morts, dont une majorité de supporteurs d'al-Ahly, à l'issue d'un match à Port-Saïd contre l'équipe de football locale al-Masry.

Ce drame, le plus meurtrier du football égyptien, s'était produit après la victoire d'Al-Masry dont des centaines de supporteurs avaient envahi le terrain et lancé des projectiles vers ceux d'Al-Ahly.

La police avait été mise en cause pour sa passivité, et nombre d'Egyptiens pensent que l'affaire a été fomentée par d'anciens partisans du président Hosni Moubarak, renversé début 2011, afin d'attiser les tensions dans le pays.

"Ces verdicts ne touchent pas ceux qui ont réellement perpétré le crime, les chefs du ministère de l'Intérieur et les membres du conseil militaire" au pouvoir au moment de l'affaire, a estimé le Mouvement du 6-Avril, une organisation de jeunes pro-démocratie.

Les condamnations à mort de janvier avaient provoqué une flambée de colère à Port-Saïd, où une quarantaine de personnes avait péri dans des affrontements avec la police après l'annonce des sentences.

La tension, toujours émaillée d'affrontements parfois meurtriers avec la police, s'est accrue depuis une semaine après l'annonce du transfert hors de la ville de prisonniers inculpés dans le cadre de ce procès.

Le président islamiste Mohamed Morsi a dû appeler l'armée au secours de la police pour tenter de ramener le calme.

Ces violences ont alourdi le climat en Egypte, qui connaît une transition politique chaotique jalonnée de violences, deux ans après la chute de Hosni Moubarak et près de neuf mois après l'élection de M. Morsi, fortement contesté par une partie de la population.

Le chef de la police anti-émeute en Egypte a été limogé vendredi après une grève sans précédent dans les rangs des policiers, nombreux à dénoncer leur manque d'équipement et estimant faire les frais de conflits politiques.

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