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09/03/2013 09:38 EST | Actualisé 09/05/2013 05:12 EDT

Procès du foot: nouveaux troubles au Caire et à Port-Saïd après le verdict

Des troubles ont éclaté samedi au Caire et à Port-Saïd (nord-est), après un nouveau verdict de la justice égyptienne dans le procès d'une tragédie du football, aloudissant le climat déjà tendu dans le pays.

Un tribunal de Port-Saïd, siégeant au Caire pour des raisons de sécurité, a annoncé 24 condamnations à des peines de prison -dont cinq à perpétuité- ainsi que 28 acquittements, et a confirmé 21 condamnations à mort prononcées en janvier.

Le tribunal statuait après les violences qui ont fait 74 morts à la fin d'un match de football entre le club Al-Masry de Port-Saïd et l'équipe cairote d'Al-Ahly le 1er février 2012 à Port-Saïd.

Au Caire, des supporteurs d'Al-Ahly, dénonçant des peines trop clémentes et l'acquittement de plusieurs policiers, ont incendié un club de la police et le siège de la Fédération égyptienne de football.

"Au début, on était content quand on a entendu les 21 condamnations à mort. On fêtait ça et on n'a pas entendu le reste du verdict", concernant les condamnations moins sévères et les acquittements, a déclaré à l'AFP un "Ultra", le surnom des supporteurs de ce célèbre club du Caire

"Ensuite, on est devenu très en colère", a-t-il ajouté.

Les "Ultras", réputés pour leur soutien actif à la révolte populaire qui a provoqué la chute de Hosni Moubarak début 2011, revendiquent la majorité des victimes du drame de Port-Saïd.

A Port-Saïd en revanche, sur le canal de Suez, des centaines de manifestants ont bloqué le trafic des ferries qui permettent de traverser le canal pour dénoncer la confirmation des peines capitales, prononcées principalement contre des supporteurs d'Al-Masry.

Les manifestants ont brûlé des pneus, déployé une banderole réclamant "l'indépendance pour Port-Saïd" et scandé "invalides, invalides!" pour qualifier les décisions du tribunal.

L'organisme qui gère le canal a toutefois fait savoir que le transit des cargos n'était pas affecté sur cet axe vital du transport maritime international.

Plusieurs policiers faisaient partie des prévenus: deux officiers de haut grade ont écopé de 15 ans de prison, mais sept autres membres de la police ont été acquittés.

Le drame du stade de Port-Saïd, le plus meurtrier de l'histoire du football égyptien, s'était produit après une victoire d'Al-Masry sur Al-Ahly: des centaines de supporteurs du club local avaient envahi le terrain et lancé des projectiles vers ceux d'Al-Ahly.

La police avait été mise en cause pour sa passivité, et nombre d'Egyptiens pensent que l'affaire a été fomentée par d'anciens partisans de M. Moubarak afin d'attiser les tensions dans le pays.

"Ces verdicts ne touchent pas ceux qui ont réellement perpétré le crime, les chefs du ministère de l'Intérieur et les membres du conseil militaire" au pouvoir au moment de l'affaire, a estimé le Mouvement du 6-Avril, une organisation de jeunes pro-démocratie.

Les condamnations à mort de janvier avaient provoqué une flambée de colère à Port-Saïd, où une quarantaine de personnes avait péri dans des affrontements avec la police.

Les tensions, toujours émaillées d'affrontements parfois meurtriers avec la police, avait repris depuis une semaine dans cette ville.

Le président islamiste Mohamed Morsi a dû appeler l'armée au secours de la police pour tenter de ramener le calme à Port-Saïd.

Ces violences ont alourdi le climat en Egypte, qui connaît une transition politique chaotique jalonnée de violences, deux ans après la chute de Hosni Moubarak et près de neuf mois après l'élection de M. Morsi, fortement contesté par une partie de la population.

Vendredi, le chef de la police anti-émeute en Egypte a été limogé après une grève sans précédent dans les rangs des policiers, qui dénonçaient leur manque d'équipement face aux manifestants violents et estimaient faire les frais de conflits politiques.

Le pays, où la justice vient d'annuler l'organisation de législatives prévues fin avril pour non-conformité avec la Constitution, est également en proie à de graves difficultés économiques.

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