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09/03/2013 04:51 EST | Actualisé 08/05/2013 05:12 EDT

Port-Saïd : flambée de violences après un jugement

Le siège de la Fédération égyptienne de football a été incendié samedi au Caire, ainsi que des bâtiments appartenant à un club de la police, peu après que le tribunal eut confirmé des peines capitales dans l'affaire des émeutes meurtrières de 2012.

Les pompiers sont sur place et tentent d'éteindre le feu qui s'est répandu à travers le bâtiment de la fédération, situé dans le même quartier que le club de la police.

À Port-Saïd, ville portuaire du nord-est où les événements ont eu lieu, des manifestants en colère contre le jugement ont fait dériver des hors-bords dans le canal de Suez dans l'intention de perturber le trafic. Ils ont également empêché des ferries transportant des voitures de traverser le canal.

Ces heurts surviennent après la confirmation par la justice égyptienne des 21 peines capitales prononcées en janvier dernier pour des violences commises lors d'émeutes survenues au terme d'une partie de soccer, à Port-Saïd, en février 2012.

La cour a aussi prononcé cinq peines d'emprisonnement à perpétuité. Vint huit personnes ont été acquittées, tandis que les autres ont reçu de courtes peines de prison. Cinquante-deux accusés n'avaient pas encore été jugés. Deux policiers ont reçu une sentence de 15 ans d'emprisonnement.

Rappel des faits

Soixante-quatorze personnes avaient perdu la vie après qu'une bataille eut éclaté le 1er février 2012, au terme d'un match de soccer durant lequel l'équipe de Port-Saïd, Al-Marsy, avait battu celle du Caire, Al-Ahly. Les autorités avaient alors éteint les lumières du stade, plongeant les lieux dans les ténèbres.

De nombreux spectateurs étaient morts écrasés dans la cohue ayant suivi, d'autres étaient tombés des gradins ou en avaient été jetés.

L'annonce des condamnations à mort, en janvier, avait provoqué de violents affrontements entre policiers et manifestants. Le jour même de l'annonce, le 26 janvier dernier, 31 personnes avaient trouvé la mort lors de nouvelles émeutes à Port-Saïd, d'où sont originaires la plupart des accusés.

Depuis, des affrontements ont eu lieu presque toutes les semaines et les morts se comptent par dizaines.

État d'urgence et renfort de l'armée

Le ministère de l'Intérieur égyptien a par ailleurs proclamé samedi l'état d'urgence dans le Sinaï après avoir appris que des djihadistes pourraient se livrer à des attaques contre la police, a annoncé l'agence officielle Mena. Aucune information ne nous permet de relier cette décision aux perturbations à Port-Saïd et au Caire. 

Les autorités étaient sur le qui-vive afin de prévenir tout débordement dans les deux villes égyptiennes. L'armée avait été déployée dans les rues de Port-Saïd en prévision du verdict. Le gouvernement avait pris la décision de confier la sécurité de la ville à l'armée plutôt qu'aux policiers dans une tentative de réduire les tensions.

Les violences persistantes démontrent bien les difficultés du nouveau gouvernement de Mohamed Morsi à rétablir l'ordre en Égypte, deux ans après la chute de l'ancien président Hosni Moubarak à la suite d'un soulèvement populaire.