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09/03/2013 04:46 EST | Actualisé 09/05/2013 05:12 EDT

Obsèques du policier Steve Déry, tué en devoir dans le nord du Québec (VIDÉO)

OTTAWA - Les funérailles du policier Steve Déry, tué par balle lors d’une intervention pour violence conjugale la semaine dernière à Kuujjuaq, dans le nord du Québec, ont été célébrées samedi à Ottawa.

Plus de 800 policiers ont assisté aux obsèques qui se sont déroulées à la Basilique Notre-Dame, sur la Promenade Sussex.

L’agent Steve Déry, âgé de 27 ans, était originaire du secteur Orléans d'Ottawa. Il faisait partie du Service de police régional Kativik depuis trois ans.

En compagnie d'un collègue, il répondait à un appel pour violence conjugale dans une résidence, lorsqu'un homme a tiré en leur direction. Le policier Déry a été atteint mortellement, alors que son confrère a été blessé gravement.

Le tireur a été trouvé sans vie quelques heures plus tard à l'intérieur du domicile.

En face de la cathédrale, un immense drapeau canadien a été hissé au haut de deux échelles postées sur des camions.

Au cours de la cérémonie, un ami de la famille, l'agent Robert Leclerc de la Gendarmerie royale du Canada, a lu une lettre, très touchante, écrite par le père du disparu, Gilles Déry, un retraité de la GRC.

«Je vais penser à toi, chaque jour, jusqu'au jour où j'irai te rejoindre, car j'ai tellement de bons souvenirs d'événements heureux pour me durer une éternité», a-t-il écrit.

Même si Steve Dery était un casse-cou — il a notamment participé à la course de taureaux dans les rues de Pampelune, en Espagne, et était un adepte des sauts de bungie — il était très au fait des dangers inhérents à son métier de policier.

Dans une déclaration écrite, la famille du défunt a souligné que «Steve a su profiter de la vie au maximum et par sa joie de vivre, il a su toucher toutes les personnes qui ont eu la chance de le connaître. Steve vient d'une famille où il y a plusieurs policiers. Il adorait son travail. Il aimait aider les gens».

La chef de la police de Kativik, Aileen MacKinnon, a souligné que le fait de travailler dans une petite communauté éloignée où tout le monde se connaît a contribué à tisser des liens serrés entre les policiers.

«Ce sont des paroles qu'on ne veut jamais prononcer. Le samedi 2 mars, j'ai perdu un de mes gars lorsque le constable Steve Déry a perdu la vie en faisant le métier qu'il aimait», a-t-elle dit.

Mme MacKinnon s'est rappelée d'une mère qui lui a raconté comment Steve Déry a sauvé la vie de sa fille, suicidaire, qui était âgée de 14 ans.

Elle a également raconté qu'une jeune fille en larmes a dit à un juge, la semaine dernière, que les derniers mots de Steve Déry à son endroit étaient qu'il ne souhaitait pas qu'elle aille en prison.

«Il connaissait les gens de la communauté et il savait que ce que cette jeune fille avait besoin n'était pas d'aller en prison, a dit la chef de la police. Mais c'était ça son travail.»

Le service de police d'Ottawa a aidé à organiser les funérailles. Le chef Charles Bordeleau a souligné que la mort d'un agent était toujours un moment difficile à vivre pour l'ensemble de la fraternité des policiers.

«Même si sa mort est une tragédie, ce qu'on a vu aujourd'hui ce sont 800 membres de corps de police qui sont venus reconnaître l'ultime sacrifice que Steve a fait pour son communauté.»