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09/03/2013 03:49 EST | Actualisé 08/05/2013 05:12 EDT

Kenyatta élu président du Kenya

Au Kenya, c'est un homme poursuivi par la justice internationale qui est sorti vainqueur de l'élection présidentielle.

Uhuru Kenyatta, le candidat du parti au pouvoir, a remporté le premier tour avec à peine plus des 50 % des suffrages, selon les résultats officiels. 

Son adversaire principal, le premier ministre Raila Odinga, ne s'avoue toutefois pas vaincu. Son conseiller a annoncé qu'il contestera les résultats et refuse de concéder la victoire.

M. Odinga devrait s'exprimer plus tard samedi, une fois les résultats officiels annoncés. Depuis le scrutin de lundi dernier, la coalition de l'opposition dénonce le processus de compilation des résultats, qu'elle qualifie de « trafiqué ».

Le vainqueur a pour sa part publié une déclaration, dans laquelle il se dit « fier et honoré de la confiance » placée en lui.

Résultats sous haute surveillance

L'issue du scrutin rappelle celle des dernières élections, en 2007, alors que M. Odinga avait également été vaincu de peu. Des violences avaient alors éclaté partout au pays, se soldant par la mort de plus d'un millier de personnes et le fuite de 300 000 autres.

Depuis, six hauts responsables kenyan sont accusés d'avoir joué un rôle de premier plan dans les affrontements entre partisans du président sortant, Mwai Kibaki, et ceux de M. Odinga. M. Kenyatta, qui soutenait M. Kibaki, est notamment poursuivi pour crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale (CPI), qui croit qu'il aurait orchestré les violences.

Déjà, les États-Unis et l'Union européenne avaient laissé entendre qu'ils pourraient revoir leurs relations avec le Kenya si M. Kenyatta était élu en dépit des accusations qui pèsent contre lui.

Les violences s'étaient terminées en 2008 avec l'instauration, sous la gouverne de l'ONU, d'un partage des pouvoirs entre les deux camps.