NOUVELLES
09/03/2013 05:22 EST | Actualisé 09/05/2013 05:12 EDT

Formule 1 - Lotus contre Mercedes, ou le duel des ambitieux

Lotus a piqué à Mercedes, en 2012, la place de quatrième "top team" derrière les trois caïds de la Formule 1 moderne, Red Bull, Ferrari et McLaren ; la saison 2013 peut permettre à ces deux écuries, qui ont les moyens de leurs ambitions, de grimper encore plus haut.

"Le budget sera supérieur à celui de l'an dernier", a avoué Eric Boullier, le +Team Principal+ français de Lotus. En plus des fonds de Genii Capital et du Luxembourgeois Gérard Lopez, qui avait racheté Renault F1, l'équipe d'Enstone a séduit depuis trois géants de l'économie mondiale: Unilever, Microsoft et enfin Coca-Cola.

Comme l'argent est le nerf de la guerre en F1, les résultats sportifs ont suivi. La monoplace 2012, baptisée E20, était à la fois rapide et fiable. Le Finlandais Kimi Räikkönen, champion du monde 2007, a été aussi régulier que brillant. Du coup, les classements finaux ont dépassé les objectifs initiaux: "Iceman" 3e côté pilotes, Lotus 4e chez les constructeurs.

Le plus dur c'est toujours de confirmer, de rester au plus haut niveau. Cet hiver, les Lotus de Räikkönen et Romain Grosjean, conservé par Boullier malgré une fin de saison délicate (accrochages à Spa et Suzuka), ont été moins en vue que l'an dernier à la même époque. Mais ça ne veut pas dire grand chose.

Pendant ce temps, les "Flèches d'Argent" brillaient de mille feux et Mercedes terminait les derniers essais de Barcelone en tête des chronos: Lewis Hamilton meilleur temps le samedi, Nico Rosberg meilleur temps le dimanche. De quoi faire réfléchir leurs rivales, pas seulement chez Lotus.

"S'il y a bien une équipe qui a été régulièrement rapide, tout en étant consistante, c'est bien Mercedes", a dit Jenson Button, pilote McLaren et spectateur attentif de son ancien coéquipier, Hamilton, dans la W04 conçue par son ex-patron, Ross Brawn, à l'époque de son seul titre mondial, en 2009, chez Brawn GP.

Depuis que Brawn GP est devenu Mercedes-AMG, début 2010, la marque à l'étoile n'a jamais touché les dividendes de ses investissements massifs, notamment dans un staff technique pléthorique. Fin 2012, la retraite définitive de Michael Schumacher a été l'occasion de tirer le bilan et de remettre les compteurs à zéro.

Exit Norbert Haug, le patron historique de Mercedes Motorsport, remplacé par un tandem d'Autrichiens: Niki Lauda, 64 ans, triple champion du monde de F1, et Toto Wolff, 41 ans, homme d'affaires ambitieux, qui visait les commandes de Williams F1 jusqu'à ce que Mercedes lui propose "un job que je ne pouvais pas refuser", a dit Wolff.

Encore mieux, Mercedes est allé chercher chez McLaren l'excellent Hamilton pour succéder à un Schumacher en fin de course. Avec un pilote de ce calibre, l'un des trois meilleurs de la F1 moderne -avec Sebastian Vettel et Fernando Alonso- tous les espoirs sont permis pour l'écurie allemande.

Lotus contre Mercedes, Räikkönen contre Hamilton, mais aussi Grosjean contre Rosberg, en deuxième rideau : il y a là de quoi ravir en 2013 les fans de F1. Ce sera le duel des ambitieux, avec probablement des pole positions, des podiums, et même quelques victoires à la clé.

dlo/ol/alh