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09/03/2013 10:27 EST | Actualisé 09/05/2013 05:12 EDT

Décès de Chavez: le Venezuela retournera aux urnes le 14 avril prochain

CARACAS, Venezuela - Les Vénézuéliens retourneront aux urnes le 14 avril pour choisir un successeur à Hugo Chavez, a annoncé samedi la commission électorale, alors qu'une rhétorique politique de plus en plus virulente continue de circuler dans le pays polarisé.

La constitution du pays sud-américain exige qu'un scrutin soit organisé dans les 30 jours suivant le décès de M. Chavez, survenu le 5 mars, mais la date choisie ne se situe pas à l'intérieur cette période. Des détracteurs du gouvernement socialiste décrient déjà ce qu'ils considèrent comme une violation de la constitution, soit l'assermentation du vice-président Nicolas Maduro, vendredi soir, comme président intérimaire.

Certaines personnes ont émis l'hypothèse que le Venezuela ne serait pas prêt à temps pour organiser le vote, mais la responsable électorale Tibisay Lucena a assuré que le système de scrutin électronique du pays était fin prêt.

Mme Lucena a annoncé la date sur les ondes de la télévision d'État, apparaissant en mortaise alors que l'image principale montrait des gens défilant devant le cercueil de M. Chavez à l'académie militaire de Caracas, où son corps est exposé depuis mercredi.

Les funérailles passionnées de vendredi ont parfois eu l'air d'un rassemblement politique pour son successeur désigné, M. Maduro, qui a fait son éloge funèbre en vouant fidélité éternelle au défunt président et s'engageant à ce que le mouvement de M. Chavez ne soit jamais vaincu. M. Maduro devrait devenir le prochain candidat du parti socialiste de M. Chavez.

Ramon Guillermo Aveledo, coordonnateur de la coalition de l'opposition, a immédiatement donné suite à l'annonce électorale en offrant l'appui de son bloc à Henrique Capriles, le gouverneur de l'État de Miranda qui a perdu contre M. Chavez en octobre.

Lors de son discours après son assermentation, M. Maduro s'en est pris aux États-Unis, aux médias, au capitaliste international et aux opposants nationaux qu'il dépeint souvent comme des fourbes. Il s'est réclamé de l'appui de l'armée, y faisant référence comme aux «forces armées de Chavez», malgré l'interdiction constitutionnelle, pour l'armée, de prendre parti en politique.

L'opposition a dénoncé ce qu'elle considère comme une prise de pouvoir anticonstitutionnelle, et M. Capriles a indiqué que sa faction étudiait une stratégie pour l'élection, qui sera tenue dans l'ombre des efforts gouvernementaux visant à immortaliser Hugo Chavez. Depuis sa mort, l'ex-président a été comparé à Jésus Christ et au libérateur vénézuélien Simon Bolivar, et le gouvernement a annoncé que son corps serait embaumé et exposé de façon permanente.

Des observateurs de sont inquiétés de la division politique grandissante entre la moitié de la population en pleine phase d'adulation, et l'autre se sentant ciblée.