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09/03/2013 09:47 EST | Actualisé 09/05/2013 05:12 EDT

Ces Africains qui comblent la pénurie de prêtres au Québec

Alors que les yeux se tournent vers le Vatican en vue de l'élection du prochain pape, au Québec, l'Église catholique doit composer avec la réalité du rapetissement du bassin de prêtres. Dans ce contexte, le missionnariat, notamment d'Afrique, s'avère souvent la solution pour recruter des curés.

Le père Félix Anombogo fait partie de ceux qui ont fait ce choix. S'il y a 50 ans, ce sont les prêtres québécois qui partaient en mission en Afrique, aujourd'hui, c'est lui qui a quitté ce continent pour le pays nordique. Camerounais d'origine, il est aujourd'hui le curé de l'église Notre-Dame-des-Victoires, à Québec.

Il dit avoir été surpris à son arrivée au Canada par la faible participation de la population à la vie paroissiale. Mais il reste optimiste, espérant que ceux pour qui il célèbre la messe s'engagent véritablement dans leur foi.

Pour d'autres missionnaires, c'est le choc culturel qui surprend le plus.

« Ce n'est pas le même cadre, ce ne sont pas les mêmes personnes, ce n'est pas le même environnement », explique le père Dominique Mulume Kajabika, originaire du Congo. « Alors il faut choisir les mots qui correspondent à ceux qui vous écoutent », dit-il.

Pasteur de l'église Saint-Jean-Baptiste-de-la-Salle, à Montréal, depuis trois ans, le père Dominique admet qu'il a dû s'adapter à la culture québécoise. « [Avant], si on me disait : baptise l'enfant de deux lesbiennes... j'aurais dit "non non non, pas question, je refuse". Mais comme j'ai eu le temps d'immersion - j'ai rencontré ces personnes - je vois déjà une certaine vision nouvelle qui est différente de celle que j'avais avant ». Que dirait-il aujourd'hui? « Je vais dire : vous êtes les bienvenues ».

Et l'adaptation est réciproque. À son arrivée à l'église, le père Dominique sentait une certaine une réticence des paroissiens. « Ce n'est pas qu'ils ne voulaient pas de moi, mais ils ne me connaissaient pas ».

Mais la réticence s'est évanouie. Maintenant, le père Dominique se fait affectueusement appeler « frère » par les fidèles, comme en Afrique.

D'après le reportage de Denis Martin Chabot.