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08/03/2013 11:47 EST | Actualisé 08/05/2013 05:12 EDT

Tunisie: les ministres régaliens, des indépendants à des postes sensibles

Les quatre ministères régaliens de la Tunisie ont été confiés à des indépendants et auront la charge de certains des problèmes les plus aigus du pays notamment au niveau sécuritaire.

La nomination de personnalités apolitiques était une revendication de longue date de l'essentiel de la classe politique à laquelle les islamistes d'Ennahda au pouvoir ont finalement cédé.

Ministre de l'Intérieur: Lotfi Ben Jeddou occupait jusqu'à présent le poste de procureur de la région de Kasserine (centre-ouest).

Il sera confronté à de nombreux dossiers sensibles, à commencer par l'essor de la mouvance jihadiste et l'enquête sur l'assassinat de l'opposant Chokri Belaïd en février, un crime attribué aux salafistes.

Il succède à Ali Larayedh, devenu Premier ministre.

Ministre de la Justice: Nadhir Ben Ammou. Cet universitaire devra mener à bien la réforme de l'institution judiciaire, dont la création d'une instance de la magistrature garantissant l'indépendance de la justice.

Son prédécesseur, Nourreddine Bhiri, a été accusé par l'opposition de chercher à mettre les juges et procureurs au service d'Ennahda.

L'efficacité du système judiciaire est en cause, avec des milliers d'affaires de corruption et de crimes datant de l'époque du régime déchu toujours en attente. La question de l'avenir des magistrats ayant servi loyalement l'ex-président Zine Al Abidine Ben Ali attend aussi une solution.

Ministre de la Défense nationale: Rachid Sabbagh remplace un autre indépendant, Abdelkarim Zbidi, seul ministre à avoir conservé sa place dans tous les gouvernements depuis fin janvier 2011 et unanimement respecté. Mais ce dernier a claqué la porte se disant excédé par les tiraillements politiques.

M. Sabbagh devra, comme son prédécesseur, garder l'armée hors de la mêlée politique avec l'aide du chef d'état-major, tâche d'autant plus importante que l'état d'urgence est en vigueur depuis plus de deux ans.

Ministre des Affaires étrangères: Othmane Jarandi est un diplomate de carrière qui a servi comme ambassadeur à l'ONU et en Jordanie. Il succède au très contesté Rafik Abdessalem, gendre du chef d'Ennahda Rached Ghannouchi, soupçonné de corruption et moqué pour ses bourdes.

Il aura à préparer la visite prévue en mai du président français François Hollande, dont le pays est régulièrement accusé d'ingérence en particulier par une partie d'Ennahda.

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