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08/03/2013 10:17 EST | Actualisé 08/05/2013 05:12 EDT

Étiquetage de la viande: Ottawa se défendra

Le gouvernement canadien a averti qu'il pourrait user de mesures de rétorsion contre les États-Unis s'ils instaurent une nouvelle règle commerciale plus restrictive sur la façon d'étiqueter les exportations de produits de boeuf et de porc.

Une proposition du département américain de l'Agriculture, annoncée vendredi, demanderait aux producteurs étrangers d'inscrire sur les paquets de produits de la viande le lieu de naissance, d'élevage et d'abattage de l'animal, ainsi que d'autres restrictions sur l'empaquetage.

Le ministre canadien de l'Agriculture, Gerry Ritz, a répliqué dans un communiqué que « les modifications proposées vont accentuer la discrimination à l'égard des exportations de bovins et de porcs du Canada et les dommages causés à l'industrie canadienne ».

Les États-Unis affirment que cette nouvelle règle se soumettrait à une décision de l'Organisation mondiale du commerce, prise l'an dernier, qui avait tranché que les règles américaines d'étiquetage du pays d'origine discriminaient contre le Canada et le Mexique.

Le gouvernement canadien a fait valoir qu'un an après que cette règle fut imposée par Washington en 2008, les expéditions de boeuf vers les États-Unis ont chuté de moitié et les exportations des porcs de boucherie ont baissé de 58 %.

M. Ritz a indiqué que le gouvernement était « très déçu » et a déclaré que les mesures accentueraient la discrimination envers les produits canadiens. « Notre gouvernement envisagera toutes les options, y compris la prise de mesures de rétorsion, si les États-Unis ne se conforment pas à leurs obligations devant l'OMC d'ici le 23 mai 2013 », a-t-il déclaré.

La Canadian Cattlemen's Association, la principale association de producteurs de boeufs du pays, ainsi que le Conseil canadien du porc, ont émis des communiqués vendredi disant qu'ils partagent les préoccupations d'Ottawa.

Le Conseil du porc estime que la réglementation actuelle du gouvernement américain a déjà coûté environ un milliard de dollars par année en exportations réduites de viande. Dans un communiqué, le groupe a dénoncé que si la nouvelle réglementation devait remédier à la discrimination envers le Canada telle que dénoncée par l'OMC, elle ne fait, plutôt, qu'aggraver le problème.

Le département américain de l'Agriculture soutient que sa réglementation de pays d'origine existe pour aider les consommateurs à prendre des décisions informées sur les produits alimentaires qu'ils achètent.