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08/03/2013 12:46 EST | Actualisé 08/05/2013 05:12 EDT

Tentative avortée de l'ONU de récupérer des Casques bleus retenus en Syrie

Un convoi de l'ONU a tenté vendredi d'entrer dans un village syrien pour y récupérer 21 observateurs philippins enlevés par des rebelles mais a dû rebrousser chemin après un bombardement de l'armée sur un secteur proche, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

A New York, le patron des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Hervé Ladsous, a dit espérer un "cessez-le feu de quelques heures" pour permettre la libération des observateurs, en expliquant que le village de Jamla, où ils sont détenus, avait été "soumis à un intense bombardement des forces syriennes".

Dans le premier rapt du genre depuis le début du conflit en Syrie il y a près de deux ans, un groupe rebelle, "la Brigade des martyrs de Yarmouk", a enlevé mercredi sur le Golan les 21 membres de la Force de l'observation du désengagement sur le Golan (FNUOD).

Cette force est chargée depuis 1974 de faire respecter un cessez-le-feu entre Israël et la Syrie sur le plateau du Golan (sud), occupé en grande partie par l'Etat hébreu.

Les observateurs sont retenus dans la région de Jamla, à 1,5 km de la ligne de cessez-le-feu. Leurs ravisseurs, qui avaient initialement réclamé un retrait de l'armée syrienne de la région, ont ensuite demandé l'arrêt des bombardements pour permettre leur évacuation, selon l'OSDH.

Vendredi après-midi, un convoi de l'ONU est entré dans Jamla pour récupérer les observateurs mais a dû s'en retirer après un bombardement de l'armée sur un secteur proche, a précisé Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH, en citant un porte-parole du groupe rebelle.

Cependant, l'ambassadeur syrien à l'ONU, Bachar Jaafari, a démenti des tirs de l'armée sur le secteur. "Les forces syriennes font tout ce qui est possible pour ramener en toute sécurité les observateurs (...) et faire sortir les groupes armés terroristes", terme employé par Damas pour désigner les rebelles.

Pour le patron des opérations de maintien de la paix de l'ONU, "il y a la possibilité, mais ce n'est pas encore fait, qu'un cessez-le-feu de quelques heures puisse intervenir pour permettre de (les) libérer". Les observateurs sont "apparemment sains et saufs".

Dans le reste du pays, l'armée, qui a souvent recours à l'aviation, poursuivait ses bombardements à Raqa (nord-ouest), première capitale provinciale tombée aux mains des rebelles depuis le début du conflit, à Homs (centre) et à Alep (nord), selon l'OSDH.

Selon les médias officiels, le responsable du bureau du gouverneur de Damas a été tué dans un attentat à la voiture piégée.

Les violences à travers le pays ont fait 74 morts, selon un bilan provisoire de l'OSDH, qui s'appuie sur un vaste réseau de militants et de sources médicales civiles et militaires.

En deux ans, le conflit a fait plus de 70.000 morts, un million de réfugiés et des millions de déplacés selon l'ONU, et aucune issue ne semble en vue, en raison en partie des divisions internationales.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, dont le pays est un allié du régime, s'est dit convaincu que M. Assad n'allait pas quitter le pouvoir, répétant que Moscou n'avait "absolument pas" l'intention de le lui demander.

Dans le camp opposé, le président français François Hollande, dont le pays comme les autres Occidentaux réclament un départ de M. Assad, a regretté que les Russes ne "convainquent" pas le président syrien de "se mettre à l'écart" pour permettre une "transition politique".

Malgré ces divergences, le médiateur international pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, poursuit ses efforts en vue d'une sortie de crise et doit s'entretenir lundi à Bruxelles avec les chefs de diplomatie de l'Union européenne.

Fin février, l'UE a prolongé de trois mois le régime de sanctions visant le pouvoir syrien et a autorisé la fourniture de matériel non létal et d'une assistance technique à l'opposition. Le Royaume-Uni n'a pour sa part pas "exclu à l'avenir" d'envoyer des armes aux rebelles.

L'opposition demande régulièrement à la communauté internationale d'armer les rebelles, comme l'a fait encore l'ex-Premier ministre syrien qui a fait défection, Riad Hijab, lors d'une réunion de son parti à Doha.

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