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08/03/2013 08:34 EST | Actualisé 08/05/2013 05:12 EDT

Syrie: les rebelles campent sur leurs positions pour libérer les observateurs

Les autorités philippines ont confirmé vendredi que le groupe rebelle ayant capturé 21 observateurs philippins de l'ONU en Syrie insistait pour les libérer sur un retrait des troupes du régime de Bachar al-Assad d'une zone située près du Golan.

Dans le premier rapt du genre depuis le début du conflit il y a près de deux ans, des rebelles ont enlevé mercredi 21 observateurs philippins de la Force de l'ONU chargée depuis 1974 de faire respecter un cessez-le-feu entre Israël et la Syrie sur le plateau du Golan (sud), occupé en grande partie par l'Etat hébreu.

La Brigade des martyrs de Yarmouk, le groupe rebelle qui les détient, avait alors indiqué à l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) qu'il exigeait le retrait de l'armée de la région de Jamla, à 1,5 km de la ligne de cessez-le-feu.

Vendredi matin, le ministère philippin des Affaires étrangères a confirmé que les ravisseurs réclamaient un retrait des troupes syriennes à 20 km à l'extérieur de Jamla.

Selon le porte-parole du ministère, Raul Hernandez, les 21 membres de la Force de l'observation du désengagement sur le Golan (FNUOD) sont "traités comme des invités" par les rebelles.

Un responsable de l'ONU avait indiqué plus tôt que la FNUOD utilisait "tous les canaux pour communiquer avec le gouvernement syrien et avec l'opposition", et qu'elle allait "adapter" sa présence sur le Golan pour des raisons de sécurité. Elle a déjà réduit les patrouilles de ses observateurs.

Selon l'OSDH, les ravisseurs ont aussi réclamé "que le Comité international de la Croix-Rouge garantisse une sortie sûre de la zone de Jamla pour les civils".

Plusieurs vidéos diffusée jeudi sur internet ont montrant plusieurs hommes en habit militaire, certains avec une veste bleue. L'un d'eux se présentait comme un membre du bataillon philippin au sein de la FNUOD.

Dans le reste du pays, l'armé poursuivait vendredi ses bombardements à Raqa (nord-ouest), première capitale provinciale tombée mercredi aux mains des rebelles depuis le début du conflit, ainsi qu'à Homs (centre) et à Alep (nord), selon l'OSDH.

Alors que le conflit a fait en deux ans plus de 70.000 morts, un million de réfugiés et des millions de déplacés selon l'ONU, aucune issue au conflit ne semble en vue, en raison en partie de la division de la communauté internationale.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, dont le pays est un ferme allié de Damas, s'est dit convaincu que M. Assad n'allait pas quitter le pouvoir, répétant que Moscou n'avait "absolument pas" l'intention de le lui demander, dans une interview à la BBC.

Le médiateur international pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, doit s'entretenir lundi à Bruxelles avec les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, qui vont l'encourager à poursuivre ses efforts afin de tenter de trouver une solution politique au conflit, selon des sources européennes.

Fin février, l'UE avait prolongé de trois mois le régime de sanctions visant Damas, tout en autorisant désormais la fourniture de matériel non létal et d'une assistance technique à l'opposition pour la protection des civils.

Le Royaume-Uni n'a de son côté pas "exclu à l'avenir" d'envoyer des armes aux rebelles, a déclaré cette semaine le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague.

L'opposition réclame depuis des mois à la communauté internationale d'armer les rebelles sur le terrain, comme l'a fait encore vendredi l'ex-Premier ministre syrien Riad Hijab, qui a fait défection, lors d'une réunion de son parti à Doha.

Les ministres européens devraient également discuter avec M. Brahimi de l'aggravation de la situation humanitaire en Syrie, que Médecins sans frontières (MSF) a qualifiée jeudi de "catastrophique".

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