BIEN-ÊTRE
08/03/2013 11:23 EST | Actualisé 08/05/2013 05:12 EDT

Printemps arabe : le tourisme tente de relever la tête en Égypte et Tunisie

Deux ans après les révolutions dans le monde arabe, l'industrie touristique tente toujours de relever la tête en Égypte et en Tunisie, deux pays qui ont tenté de rassurer cette semaine au salon du tourisme de Berlin.

"Nous pouvons arriver à atteindre presque le même nombre de touristes qu'en 2010 (avant le printemps arabe, ndlr), soit 14,7 millions. Mon but est d'atteindre au moins les 14 millions à la fin de 2013", a déclaré le ministre égyptien du Tourisme, Hisham Zaazou. Il a reconnu que l'objectif était ambitieux après les 11,5 millions de 2012.

La Tunisie envisage aussi de revenir cette année au niveau de fréquentation de 2010, "c'est-à-dire atteindre les sept millions de touristes fin 2013, comme il y a trois ans, contre six millions actuellement", a indiqué Habib Ammar, directeur général de l’office national du tourisme tunisien (ONTT).

L'enjeu est de taille pour ces deux pays, dont le tourisme est un pilier économique, et qui traversent encore une grave crise politique. En Tunisie, ce secteur représente un sixième de la population active. En Égypte, près de douze millions de personnes (sur une population de plus de 72 millions) vivent de près ou de loin du tourisme.

"Nous sommes en train de vivre une transition politique. Cela ne veut pas dire que nous n'avançons pas. Nous sommes une nation accueillante", a martelé M. Zaazou, lors d'une conférence de presse à Berlin.

L'Égypte connaît une nouvelle phase troublée depuis la chute du président Hosni Moubarak avec des manifestations parfois violentes visant le pouvoir islamiste, accusé de chercher à accaparer les leviers du pouvoir, ou provoquées par l'aggravation de la situation économique et sociale.

Pour contrer l'image désastreuse de son pays dans les médias, M. Zaazou compte installer des écrans géants dans différentes villes d'Europe, diffusant en direct des images de vacanciers détendus grâce à des webcams installées sur plusieurs sites égyptiens, tels la station balnéaire Charm el-Cheikh, Louxor, Alexandrie, le musée des Antiquités égyptiennes du Caire...

De son côté, Afif Kchouk, représentant la Fédération tunisienne de l'hôtellerie (FTH), a concédé: "la Tunisie est sûre, mais sous sommes en train d'apprendre la démocratie". Fin avril, les professionnels du tourisme de ce pays comptent lancer une grande campagne publicitaire avec pour slogan: "Tunisie libre de tout vivre", diffusée à la radio, sur internet, sur des affiches dans les principaux pays clients.

Depuis l'assassinat de l'opposant Chokri Belaïd le 6 février, la Tunisie est plongée dans sa pire crise politique après la révolution de janvier 2011 qui a provoqué la chute de Zine El Abidine Ben Ali.

M. Ammar a minimisé l'impact de cet événement sur le tourisme, expliquant que le premier semestre constituait la basse saison pour son pays, essentiellement prisé pour ses plages. "Pour la haute saison, la programmation est plutôt positive et spécialement pour le marché allemand", a-t-il dit.

Pour les années à venir, les deux pays se veulent résolument optimistes. M. Ammar espère ainsi accueillir 10 millions de touristes en 2016 en Tunisie, grâce à une diversification des séjours, en attirant un public davantage intéressé par le patrimoine culturel, le désert saharien, la thalassothérapie et plus seulement par les stations balnéaires.

Quant à M. Zaazou, il vise les 30 millions de touristes en Égypte à l'horizon 2022, en diversifiant l'origine des visiteurs, qui viendraient des Amériques et d'Asie notamment.

Pour le moment, les deux pays font les yeux doux aux Allemands, leurs deuxièmes clients, derrière les Français pour la Tunisie, et derrière les Russes en Égypte.

clp/aro/pt