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08/03/2013 11:54 EST | Actualisé 08/05/2013 05:12 EDT

Plusieurs indépendants nommés dans le nouveau gouvernement tunisien

TUNIS, Tunisie - Le parti au pouvoir en Tunisie a nommé, vendredi, plusieurs personnalités indépendantes à des ministères clés, une concession faite à l'opposition dans l'espoir d'apaiser la crise politique.

La Tunisie souffre d'instabilité depuis le renversement de la dictature il y a deux ans, mais le meurtre d'un chef de l'opposition le mois dernier a considérablement aggravé la crise, provoquant des émeutes à travers le pays et menant à la démission du premier ministre.

Après des décennies de gouvernement laïque, la révolution tunisienne a permis une résurgence de l'activité religieuse et un parti islamiste modéré a remporté les premières élections post-révolutionnaires. Mais de nombreux Tunisiens estiment que le parti Ennahda n'en fait pas assez pour freiner les violences des extrémistes religieux, et certains ont accusé le parti d'être responsable de l'assassinat de l'opposant Chokri Belaïd.

Le nouveau gouvernement accorde les ministères de l'Intérieur, des Affaires étrangères, de la Défense et de la Justice à des personnalités apolitiques, soit deux juges, un professeur de droit et un diplomate de carrière. Des membres d'Ennahda et des deux autres partis de la coalition gouvernementale ont aussi obtenu des postes ministériels.

Le premier ministre sera Ali Larayedh. Il a été accusé par l'opposition d'avoir échoué à empêcher les violences causées par les musulmans ultraconservateurs quand il était ministre de l'Intérieur dans le précédent gouvernement.

M. Larayedh a indiqué que le nouveau gouvernement serait en place jusqu'aux élections prévues plus tard cette année, probablement en octobre ou en novembre.

Le nouveau gouvernement doit encore être approuvé par les députés, mais le vote ne semble être qu'une formalité. Reste à voir si les concessions faites à l'opposition vont permettre de calmer la colère de la rue.

Taïeb Baccouche, secrétaire général du parti de centre-droit L'Appel de la Tunisie, l'un des principaux partis de l'opposition, a qualifié l'effort d'«imposture».

«Ils utilisent la même stratégie qui a échoué avec le gouvernement précédent et qui aura le même résultat», a-t-il déclaré.