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08/03/2013 01:38 EST | Actualisé 07/05/2013 05:12 EDT

« Je n'ai rien à me reprocher », répète Applebaum

Le maire de Montréal, Michael Applebaum, répète qu'il n'a rien à se reprocher et qu'il n'est aucunement impliqué dans un quelconque scandale de corruption.

« Je ne vais jamais me cacher et je vais continuer de me battre pour défendre ma réputation. Je veux le répéter, je n'ai rien à me reprocher. J'ai parlé avec le superviseur de la sécurité du Québec et il m'a dit clairement que je n'étais pas sous enquête », a-t-il déclaré vendredi en conférence de presse.

Michael Applebaum réfute ainsi les dernières informations qui ont été relayées sur son compte dans les médias.

Il affirme qu'il n'est pas impliqué dans le dossier des multiples changements de zonage d'un terrain à Montréal, situé à l'angle du boulevard Décarie et du chemin de la Côte-Saint-Luc. Ce terrain, qui a presque triplé de valeur après les changements de zonage, était convoité par le promoteur Lee Lalli et Tony Maggi, des proches de la mafia.

L'émission Enquête de Radio-Canada affirmait cette semaine que l'UPAC enquête actuellement sur ce dossier. Selon Enquête, qui se base sur un témoignage de Lee Lalli, ce dernier a également été informé par Michael Applebaum d'un projet de construction d'un hôtel de ville en partenariat public-privé sur le terrain.

« Il y a eu un changement de zonage pour permettre la venue d'une église et ensuite il y a eu une modification au zonage pour se conformer aux règlements d'urbanisme », a expliqué Michael Applebaum.

« Je voudrais aussi vous dire que je n'ai jamais voté ce dossier ou d'autres dossiers au conseil d'arrondissement. Je n'ai jamais donné d'informations privilégiées à qui que ce soit », a-t-il poursuivi.

Par ailleurs, La Presse révélait vendredi que l'arrondissement du maire, Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, avait payé près de 100 000 $ à l'entrepreneur chargé de presque tout le déneigement du secteur, mais sans l'émission de billets réglementaires recensant le nombre d'heures réellement travaillées. M. Applebaum affirme que cette histoire ne résulte que d'une dispute entre des employés et leur patron.

« Un des employés a décidé de ne pas faire son travail et de ne pas signer des bons de commande durant toute la saison hivernale. Évidemment, le site à neige fonctionnait. Quand il a été temps de payer, les fonctionnaires ont reconstitué les factures pour payer l'entrepreneur. C'est ce qu'on a fait. Je ne suis pas impliqué dans ce dossier », a précisé Michael Applebaum.

Le maire a terminé sa conférence de presse en disant vouloir « continuer de toutes ses forces à lutter contre la collusion et la corruption ».

Harel interpelle le ministre, qui ne commente pas

Du côté de l'opposition montréalaise, la chef de Vision Montréal, Louise Harel, demande que le ministre de la Sécurité publique éclaircisse la situation. « On ne peut pas continuer dans ce climat d'incertitude », déplore-t-elle.

Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, affirme quant à lui qu'il ne veut pas d'un nouveau changement de maire pour éviter d'empirer la crise que vit Montréal, mais que « M. Applebaum aura à se justifier ».

En soirée, Jocelyn Ann Campbell, conseillère indépendante du district de Saint-Sulpice, a publié un communiqué pour interpeller les élus montréalais. Elle affirme que le climat à l'Hôtel de Ville est « malsain » et qu'ils doivent agir pour rétablir « la sérénité nécessaire ».

« Le temps est-il venu pour le maire Appelbaum de se retirer jusqu'aux conclusions des enquêtes en cours? », demande-t-elle.

De son côté, le gouvernement du Québec s'est fait avare de commentaires. « Le gouvernement ne veut pas s'immiscer dans les enquêtes policières. Le ministre de la Sécurité publique ne fera donc pas de commentaires ».