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08/03/2013 09:25 EST | Actualisé 08/05/2013 05:12 EDT

Le pétrole recule à New York, craignant une fin précoce de l'aide de la Fed

Les prix du pétrole ont ouvert en baisse vendredi à New York, dans un marché craignant que l'amélioration de l'emploi aux Etats-Unis n'accélère l'éventualité d'une fin anticipée de la politique monétaire très accommodante du premier consommateur de brut.

Vers 14H10 GMT, le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en avril cédait 49 cents à 91,07 dollars, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

Les cours du pétrole, en nette baisse au cours des échanges électroniques, ont effacé une partie de leurs pertes après la diffusion des chiffres du chômage aux Etats-Unis, très bien reçus par le marché.

"Ces statistiques ont fait exploser les attentes, et ont donné au marché de très bonnes perspectives sur l'économie américaine, et la création de plus d'emplois se traduit par une meilleure demande" en brut, a applaudi Phil Flynn, de Prices Futures Group.

Les embauches ont en effet connu un net coup d'accélérateur en février aux Etats-Unis, le pays créant 236.000 emplois de plus qu'il n'en détruisait ce mois-là, selon le département du Travail, alors que les analystes attendaient 165.000 embauches nettes seulement.

Autre coup de fouet, le taux de chômage officiel est tombé contre toute attente à 7,7%, son niveau le plus faible depuis décembre 2008, même si ce recul a été amplifié par une nette baisse de la population active.

Pour autant, si encourageantes soient ces statistiques, le marché peinait à se hisser dans le vert, une conséquence des craintes accrues des courtiers de voir changer la politique monétaire extrêmement accommodante aux Etats-Unis.

"Ces chiffres sont à double tranchant, d'un côté ils promettent une bonne demande, de l'autre, ils laissent entrevoir la fin anticipée de la politique de l'argent facile", a estimé Phil Flynn.

Depuis le début de l'année, la Banque centrale américaine (Fed) injecte 85 milliards de dollars de liquidités dans le système chaque mois, en rachetant des titres sur les marchés financiers, ce qui soutient les investissements dans des actifs risqués, comme les matières premières ou les actions.

Or, ces rachats sont combinés à la promesse de maintenir le taux directeur à un niveau quasi nul, notamment tant que le taux de chômage restera au-dessus de 6,5%.

De trop bonnes nouvelles sur le marché de l'emploi pourraient donc à terme rendre les achats de brut moins attractifs.

Le marché digérait également des indicateurs chinois contrastées, a noté Matt Smith, de Schneider Electric, en partie en raison des congés du nouvel an lunaire (célébré le 10 février).

La Chine a annoncé vendredi avoir enregistré en février un excédent commercial inattendu. Mais les importations pétrolières du pays (deuxième consommateur mondial de brut) ont reculé de 9% sur un an en février.

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