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08/03/2013 05:48 EST | Actualisé 08/05/2013 05:12 EDT

La grève des policiers égyptiens se répand partout au pays

La grève lancée par les forces de sécurité égyptiennes s'est rapidement répandue partout au pays vendredi, les policiers refusant d'être blâmés pour la répression des manifestations contre le président Mohamed Morsi et accusant les Frères musulmans de vouloir les contrôler.

La vague de mécontentement des policiers ajoute une nouvelle dimension à la crise sociale et à l'impasse politique en Égypte. Signe du désarroi qui s'est emparé du pays, un puissant groupe islamiste conservateur a déclaré que ses membres assureraient désormais la sécurité dans une province du sud parce que la plupart des forces de sécurité de la région sont en grève.

Le plus haut responsable de la sécurité dans la province d'Assiout, le général Aboul-Kassem Deif, a estimé que l'annonce de Gamaa Islamiya était illégale, mais a semblé admettre qu'il ne pouvait s'opposer à l'initiative.

« Je ne sais pas quoi faire », a-t-il déclaré à l'Associated Press.

Gamaa Islamiya avait lancé un soulèvement islamiste armé dans les années 1990, mais il est entré sur la scène politique depuis le renversement du régime du président Hosni Moubarak.

Des grèves des policiers réguliers et des policiers antiémeutes ont été rapportées vendredi dans au moins 10 des 29 provinces égyptiennes, notamment dans plusieurs commissariats de la capitale.

Au Caire, des policiers ont manifesté devant le ministère de l'Intérieur, responsable des forces de sécurité, et ont demandé la démission du ministre.

À Alexandrie, la deuxième ville du pays, des policiers ont fermé leurs commissariats et ont installé sur les portes des affiches affirmant « Nous ne voulons pas de politique » et « La police et le peuple ne font qu'un », dans une apparente tentative de rallier l'appui du public.

Le mécontentement des policiers survient après de multiples manifestations et troubles partout en Égypte depuis la fin du mois de janvier, après une vague précédente en novembre et décembre.

Dans les dernières semaines, les manifestants ont surtout dénoncé le président Mohamed Morsi et les Frères musulmans, que l'opposition accuse de vouloir dominer le pouvoir. D'autres facteurs ont alimenté le mécontentement, dont les difficultés économiques et les pénuries de carburant.

Presque chaque jour, les manifestations se sont transformées en affrontements avec la police dans plusieurs villes, des incidents qui ont fait quelque 70 morts. Chaque décès a aggravé la colère de l'opinion publique contre les forces de sécurité, accusées d'avoir recours aux mêmes méthodes que pendant l'ère Moubarak.

Les policiers en grève accusent le président Morsi de les utiliser pour réprimer ses opposants et réclament la démission du ministre de l'Intérieur. Ils accusent aussi les Frères musulmans de vouloir installer des islamistes au ministère.

Les policiers chargés de surveiller le quartier général des Frères musulmans sont en grève, tout comme ceux chargés d'escorter les déplacements du président.

Associated Press

La Presse Canadienne