NOUVELLES
08/03/2013 10:32 EST | Actualisé 08/05/2013 05:12 EDT

Funérailles en grande pompe pour Chavez, l'opposition se réveille

Le Venezuela célébrait vendredi en grande pompe les funérailles d'Etat du président Hugo Chavez, en présence de 32 chefs d'Etat et de gouvernement étrangers, dont le Cubain Raul Castro et l'Iranien Mahmoud Ahmadinejad.

Alors que débutait la cérémonie, les députés de la Table de l'unité démocratique (MUD), principale coalition de l'opposition, ont annoncé qu'ils boycotteraient dans la soirée la prestation de serment de Nicolas Maduro comme président par intérim, qu'ils considèrent comme une "violation" de la Constitution.

Dans un roulement de tambour, l'Orchestre symphonique Simon Bolivar a d'abord entonné l'hymne de la république vénézuélienne pour ouvrir la cérémonie.

» Revivez la cérémonioe avec le blogue en direct au bas de cet article

Le cercueil d'Hugo Chavez, entièrement recouvert du drapeau jaune, bleu et rouge étoilé du Venezuela, était exposé au centre du salon d'honneur de l'Académie militaire, plein à craquer de dignitaires et hauts-responsables militaires du pays en uniformes de grand apparât.

Nicolas Maduro a déposé sur le cercueil de Chavez une réplique de l'épée en or du libérateur sud-américain Simon Bolivar, grande référence historique du défunt ayant inspiré sa "révolution bolivarienne".

Puis les chefs d'Etat et de gouvernement ont été invités par petits groupes à former des haies d'honneur successives autour du cercueil.

Le première était réservée aux plus proches alliés latino-américains, dont le Cubain Raul Castro, le Bolivien Evo Morales et l'Equatorien Rafael Correa.

Un peu plus tard, ce fut au tour de deux des alliés les plus controversés du régime chaviste: Le Bélarusse Alexandre Loukachenko, et l'Iranien, Mahmoud Ahmadinejad, mine sombre, dont les lèvres semblaient réciter une prière.

A son arrivée à Caracas, M. Ahmadinejad, avait exprimé ses condoléances "les plus profondes au peuple vénézuélien et à tous les peuples du monde, en particulier latino-américains", ajoutant que "Le président Chavez a été le symbole de tous ceux qui cherchent la justice, l'amour et la paix dans le monde".

La présidente brésilienne, Dilma Rousseff, venue s'incliner jeudi soir devant la dépouille de Hugo Chavez, et la présidente argentine Cristina Kichner, sont en revanche rentrées dans leurs pays avant la cérémonie.

Les Etats-Unis, cibles de prédilection des diatribes enflammées d'Hugo Chavez, et les Européens, n'ont envoyé que des délégations de second rang. A l'exception de l'Espagne, qui, protocole oblige, a dépêché le prince héritier Felipe.

A l'extérieur de l'Académie, tandis que la cérémonie se poursuivait avec une messe, une foule de "Chavistes" vêtus de rouge, canalisée par des barrières métalliques et des militaires, attendait de pouvoir reprendre leur procession vers la dépouille de M. Chavez.

"On est ici pour voir le cercueil. On aurait bien aimé voir les funérailles, mais on les verra à la télévision ce soir ou demain", se résignait Francis Porteloro, 50 ans.

Ils étaient plusieurs dizaines de milliers et leur file serpentait sur plusieurs kilomètres, selon des journalistes sur place.

La journée a été déclaré fériée au Venezuela, où la cérémonie était retransmise en direct par toutes les télévisions. L'alcool est interdit à la vente pendant une semaine.

La dépouille du président Chavez a été vénérée par deux millions de partisans depuis mercredi selon les autorités. Embaumé "comme Lénine", son corps sera exposé au public au moins sept jours de plus.

Dans la soirée, Nicolas Maduro, désigné par M. Chavez comme son dauphin, prêtera serment comme président par intérim et sera chargé de convoquer des élections présidentielles sous 30 jours.

"Aujourd'hui, nous n'assisterons pas à la session de l'Assemblée nationale parce que nous considérons (...) qu'elle constitue une violation" de la Constitution "et un nouvel acte de propagande électorale", a annoncé à la presse le parlementaire Angel Medina, membre de la principale coalition de l'opposition.

L'opposition conteste l'interprétation de la Constitution faite par le gouvernement après le décès du président Chavez, assurant que c'est le président de l'Assemblée nationale Diosdado Cabello qui devrait assurer la transition menant à une élection présidentielle anticipée et non le vice-président.

Le 11 décembre, avant de s'envoler pour Cuba pour une quatrième opération du cancer dont il ne s'est jamais remis, Hugo Chavez avait également adoubé M. Maduro, 50 ans, comme le candidat au parti au pouvoir pour d'éventuelles élections anticipées.

M. Maduro a fait sensation jeudi en annonçant que le leader sud-américain serait "embaumé" comme les grands révolutionnaires du XXe siècle, Lénine, Hô Chi Minh et Mao Tse Toung et que son corps serait "visible au moins sept jours de plus".

"Il a été décidé de préparer le corps du Comandante, de l'embaumer, pour qu'il puisse être exposé dans un cercueil en verre, et que le peuple puisse l'avoir avec lui dans son musée de la Révolution pour l'éternité", a précisé M. Maduro.

Les autorités vénézuéliennes ont toutefois livré des informations contradictoires sur le moment où la dépouille de M. Chavez serait transférée à "la caserne de la Montagne", à l'ouest de Caracas, où un Musée de la Révolution bolivarienne est en construction: vendredi après les funérailles ou dans une semaine, selon les versions.

L'annonce de la mort du chef de file de la gauche latino-américaine a provoqué une onde de choc au Venezuela et ouvre une période d'incertitude.

"La seule chose que Chavez a faite a été de répandre la haine et la division. Il veulent faire de lui un martyr. Cela me fait rire", grognait José Mendez, un programmateur informatique de 28 ans.

En 14 ans au pouvoir, Hugo Chavez a ravivé la flamme de la gauche latino-américaine "anti-impérialiste" sur le continent latino-américain.

Au Venezuela, il a forgé sa popularité dans les couches défavorisées avec des programmes sociaux financés par une manne pétrolière infinie, et grâce à son charisme exubérant.

Mais il a aussi fortement creusé les clivages de la société vénézuélienne, stigmatisant l'opposition et la presse privée, sans parvenir à endiguer les pénuries et une violence urbaine croissante.

INOLTRE SU HUFFPOST

Procession pour Hugo Chavez