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08/03/2013 09:19 EST | Actualisé 08/05/2013 05:12 EDT

Dopage - Tikhon, symbole des difficultés de la lutte contre les tricheurs

Le cas du Bélarusse Ivan Tikhon, multi-récidiviste du dopage depuis 2004 mais qui a pu effectuer toute sa carrière sans être véritablement puni, illustre les difficultés de la lutte anti-dopage à pincer en temps et en heure les tricheurs.

La nouvelle fournée d'athlètes dopés aux Mondiaux d'Helsinki en 2005, divulguée vendredi par la Fédération internationale, n'a pas offert de grandes révélations, plutôt la confirmation que l'Europe de l'Est, en particulier la Russie et le Belarus, a contaminé l'athlétisme dans les années 2000.

Une donnée intéressante malgré tout, alors que la Russie, justement, s'apprête à accueillir les Mondiaux-2013, l'été prochain à Moscou (10-18 août).

Au premier rang des coupables apparaît, une nouvelle fois, le Bélarusse Ivan Tikhon, lanceur de marteau.

Sur les tartans, Tikhon a 27 ans lorsqu'il commence à récolter les médailles internationales, avec le titre de champion du monde à Paris en 2003, performance qu'il renouvellera en 2005 à Helsinki et 2007 à Osaka, pour devenir le cador de la discipline.

Aux JO, l'athlète réussit à décrocher l'argent à Athènes en 2004, puis le bronze à Pékin en 2008. Sans oublier un titre de champion d'Europe en 2006.

Mais en parallèle, le Bélarusse est également un médaillé des laboratoires, ce que la lutte anti-dopage va progressivement mettre à jour.

A l'automne 2008, peu de temps après Pékin, le lanceur de marteau tombe de son piédestal, positif à la testostérone en Chine. Mais alors que la médaille lui est retirée, l'athlète porte son cas devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) qui, au bout de deux ans, lui donnera raison pour une broutille de procédure. Et Tikhon retrouvera donc sa breloque au grand dam du CIO.

Sportivement parlant, la lutte anti-dopage a atteint son but. Tikhon, qui risquait deux ans de suspension si le TAS avait été dans le sens du CIO, ne fera de fait plus rien à partir de 2008.

Surtout, les progrès de la lutte anti-dopage vont permettre d'éviter un nouveau malaise quatre ans plus tard lorsque, en 2012, Tikhon, désormais âgé de 36 ans, envisage de concourir aux Jeux de Londres. La deuxième lame anti-dopage va intervenir juste à temps pour le priver de l'évènement.

Huit ans après, ce sont ses échantillons d'Athènes 2004 et les premiers tests sur Helsinki 2005 qui le confondent. La confirmation de ce dernier cas vendredi sonne le glas de sa carrière, de même qu'elle devrait entraîner la perte de sa médaille de 2005.

Mais après purge de son palmarès, il lui restera tout de même une belle armoire à trophées: deux titres mondiaux (2003, 2007), une médaille de bronze olympique (2008) et un titre de champion d'Europe (2006). Tous, évidemment entachés de suspicion, et ce, malgré les progrès de la lutte anti-dopage...

fbr/bm