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28/02/2013 06:43 EST | Actualisé 30/04/2013 05:12 EDT

Yémen: libération de deux chefs séparatistes pour calmer le Sud

Les autorités yéménites ont libéré jeudi deux chefs séparatistes arrêtés la semaine dernière dans le Sud après des troubles meurtriers, selon des militants autonomistes.

Le président Abd Rabbo Mansour Hadi, en visite à Aden depuis ce week-end, avait appelé lundi les sudistes à participer au dialogue national, qui doit commencer le 18 mars, et promis des mesures d'apaisement pour mettre fin aux dernières violences.

Qassem Askar, secrétaire général du Conseil supérieur du Mouvement sudiste, et un dignitaire religieux, cheikh Hussein Ben Chouaib, ont été relâchés "sur ordre du procureur général", a déclaré à l'AFP le militant Yasser al-Yafie.

Les deux hommes avaient été arrêtés à Aden (sud) pour "incitation" à la violence dans la foulée des affrontements ayant éclaté le 21 février entre police et manifestants à l'occasion du premier anniversaire du départ, sous la pression de la rue, du président Ali Abdallah Saleh.

Ces affrontements, qui ont duré jusqu'à mardi, se sont soldés par la mort de neuf personnes, selon des sources concordantes.

"Nous avons rencontré M. Hadi mercredi et il a ordonné la libération des deux dirigeants pour calmer les esprits", a expliqué un militant sudiste, Lotfi Chtara.

Un autre dirigeant sudiste, Ahmed Ben Férid al-Souraimeh, a regagné jeudi le Yémen en provenance d'Oman où il vivait en exil depuis la guerre de sécession de 1994, remportée alors par les partisans de l'ex-président Saleh, selon un correspondant de l'AFP.

M. Souraimeh, qui avait contribué fin 2011 à la libération de trois humanitaires français séquestrés pendant plus de cinq mois par Al-Qaïda, a tenu à Aden une réunion de son groupe, le Congrès national du peuple du Sud, et rencontré le président Hadi, selon son entourage.

Des séparatistes avaient annoncé mardi dans un communiqué qu'ils suspendaient un mouvement de désobéissance observé dans le Sud en attendant la satisfaction de leurs demandes. Le calme était ensuite revenu dans les provinces du Sud.

"Si nos demandes ne sont pas satisfaites, il y aura dès samedi une escalade généralisée dans toutes les provinces du Sud", avait cependant menacé l'un de ces activistes, Nizar Haïtham.

Ils réclament "le limogeage du gouverneur et du chef de la police d'Aden, la prise en charge par l'Etat des blessés et des familles des victimes et la libération de tous les détenus politiques", selon M. Chtara.

La tendance dure du Mouvement sudiste, dirigée par l'ancien vice-président Ali Salem Al-Baïd qui vit en exil au Liban, réclame la sécession du Sud, un Etat indépendant jusqu'en 1990, et refuse de participer au dialogue national.

Ce dialogue doit permettre l'élaboration d'une nouvelle Constitution et la préparation des élections prévues en février 2014, au terme d'une période de transition de deux ans, après le départ négocié de M. Saleh.

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