NOUVELLES
28/02/2013 12:32 EST | Actualisé 30/04/2013 05:12 EDT

WikiLeaks: Manning déclare qu'il voulait "provoquer un débat public"

Bradley Manning, la "taupe" de WikiLeaks, a expliqué jeudi devant la justice militaire américaine avoir transmis des documents confidentiels pour "provoquer un débat public" sur la politique étrangère américaine et les guerres en Irak et en Afghanistan.

Lisant une longue déclaration rédigée en prison, l'ex-analyste de renseignement en Irak a expliqué comment il avait accès aux bases de données nommées Sigacts recensant les incidents quotidiens en Irak et en Afghanistan et jugé qu'elles faisaient "partie des documents parmi les plus importants de notre histoire récente".

Les Sigacts, qui recensent notamment chaque échange de feu impliquant des forces américaines et explosions de mine artisanale, sont "semblables au journal quotidien tenue par une personne", a-t-il expliqué, précisant que les informations qu'ils contenaient n'avaient à ses yeux plus de valeur confidentielle deux ou trois jours plus tard, car "l'unité n'était plus sur les lieux (de l'incident, ndlr) ou n'était plus en danger".

"Pour moi, ces documents représentent la vraie réalité des conflits en Irak et en Afghanistan", a-t-il poursuivi lors d'une audience préliminaire à son procès, où il encourt la réclusion à perpétuité.

Après avoir tenté en vain de prendre contact avec le Washington Post, le New York Times et le quotidien gratuit Politico, il s'est tourné vers WikiLeaks, qu'il surnomme "WLO" pour "WikiLeaks Organization". Il voyait le site internet créé par Julian Assange comme "dévoilant les activités illégales et la corruption".

"D'après mes observations, je décrirais les discussions sur le site de WLO comme étant de nature presque universitaire", a-t-il ajouté.

C'est à mesure de son déploiement en Irak fin 2009/début 2010, qu'il s'est senti de plus en plus en porte-à-faux vis-à-vis de ses camarades soldats et de la hiérarchie militaire. Il s'est alors décidé à multiplier les fuites concernant aussi bien des centaines de milliers de câbles diplomatiques que des informations relatives aux conflits.

C'était selon lui "un moyen d'échapper à l'angoisse extrême" qui l'étreignait. "Plus je tentais de bien faire mon travail, plus je sentais que je m'aliénais mes pairs".

Personne n'a fait pression chez WikiLeaks pour diffuser toujours plus de documents classifiés, a-t-il plaidé. "Les décisions étaient les miennes et j'endosse l'entière responsabilité pour mes actions", a-t-il dit.

mra/lor