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28/02/2013 12:47 EST | Actualisé 30/04/2013 05:12 EDT

USA: l'économie dispose de peu d'élan pour affronter la rigueur budgétaire

En dépit de la révision à la hausse du PIB américain, l'économie des Etats-Unis dispose d'un élan assez faible pour affronter les réductions budgétaires qui lui semblent promises à partir de vendredi.

Le département du Commerce a indiqué jeudi que la croissance économique du pays s'était figée au quatrième trimestre, pour n'atteindre que 0,1% en rythme annualisé, après avoir été de 3,1% pendant l'été.

C'est mieux que ce que le gouvernement avait annoncé fin janvier (un recul du PIB de 0,1% sur les trois derniers mois de l'année), mais la révision est minime et nettement inférieure à ce que pensaient les analystes, qui attendaient une réévaluation de la croissance d'automne à 0,5%.

"Le tableau général de l'économie au quatrième trimestre reste largement le même que celui qui avait été présenté le mois dernier", écrit le ministère dans un communiqué.

Selon le gouvernement, le ralentissement du quatrième trimestre a résulté d'une décélération de la production stockée et d'un recul des dépenses publiques et des exportations dont les effets négatifs ont été en partie compensés par un rebond de l'investissement privé (hors logement), et une accélération de la consommation des ménages et de la baisse des importations.

Auditionné mardi et mercredi au Congrès, le président de la banque centrale américaine (Fed), Ben Bernanke, a indiqué que l'économie se redressait légèrement depuis le début de l'année, mais que son rythme de croissance sous-jacent restait lent, justifiant le maintien d'une politique monétaire de soutien à la reprise d'une ampleur exceptionnelle.

Libérée des entraves qu'ont été au quatrième trimestre une réduction de l'effort de défense, sans commune mesure depuis 1972, et le fort ralentissement des stocks, "la croissance semble partie pour rebondir à 2,0-2,5% au premier trimestre", estime Nigel Gault, du cabinet IHS Global Insight, qui table également sur une poursuite de la hausse de la consommation et de l'investissement.

Cependant, pour son confrère Chris Low, de FTN Financial, le fait que la consommation des ménages n'ait progressé que de 1,5% au quatrième trimestre "est de mauvais augure pour la croissance en 2013, surtout après la forte hausse des impôts entrée en vigueur au début de l'année", avec l'accord politique pour éviter le "mur budgétaire".

Et la demande intérieure finale reste faible alors que doivent entrer en vigueur à partir de vendredi des restrictions budgétaires susceptibles, selon M. Bernanke, de faire perdre 0,6 point de croissance au pays cette année.

Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé jeudi qu'il allait devoir réviser à la baisse sa prévision de croissance 2013 pour l'économie américaine, actuellement de 2,0%.

L'Alliance des industriels pour la productivité et l'innovation (MAPI) a annoncé de son côté qu'elle prévoyait une croissance économique de 1,8% cette année aux Etats-Unis, ce qui marquerait un net ralentissement par rapport aux 2,2% relevés officiellement pour 2012.

Pour cette organisation patronale, "un certain nombre de facteurs favorables [...] commencent à apparaître mais les vents contraires de la politique et de l'étranger demeurent, qui pourraient ralentir la croissance".

Pour Joel Naroff, de Naroff Economics Advisors, la poursuite de la baisse des inscriptions au chômage est l'un de ces facteurs.

"Je conserve un peu d'optimisme pour l'économie en dépit des efforts de Washington pour tuer la croissance", dit-il.

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