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28/02/2013 10:45 EST | Actualisé 30/04/2013 05:12 EDT

L'homme derrière St-Pierre

Derrière le succès de Georges St-Pierre, un Français du nom de Kristof Midoux. Un homme qui fut d'abord une inspiration, puis un mentor et qui est aujourd'hui omniprésent dans la vie du champion.

« C'est un grand frère pour moi. Il a été mon mentor », résume St-Pierre.

Si le Québécois s'apprête à défendre son titre contre Nick Diaz le 16 mars, c'est en partie grâce à ce Français de 40 ans. C'est lui qui l'a initié aux arts martiaux mixtes.

« À l'époque, les combats étaient illégaux. Ils appelaient ça les combats ultimes, se souvient St-Pierre. J'étais allé voir une soirée de combats à Kahnawake, à cinq minutes de St-Isidore, où j'ai grandi. J'étais adolescent et je m'y étais rendu à l'insu de mes parents et avec de fausses pièces d'identité. Kristof Midoux était champion des poids lourds et j'étais en complète admiration devant lui. C'était mon idole. »

Le hasard a placé le Français sur la route de St-Pierre. « J'avais 16 ans, je venais tout juste d'avoir mon permis et je conduisais sur le boulevard St-Laurent à Montréal quand je l'ai aperçu. J'ai arrêté l'auto en plein milieu de la rue - les autres automobilistes klaxonnaient - pour aller lui parler. »

« Il était habillé comme un rappeur, avec la casquette et les pantalons larges, se souvient Midoux. Je pensais que c'était un petit jeune comme un autre qui voulait une photo. Il m'a dit : je suis intéressé à faire comme vous. Je lui ai donné rendez-vous à l'entraînement le lendemain et il y était. »

Il filtre ses courriels!

Depuis, leurs chemins ne se sont pas séparés. C'est sous la supervision de Midoux que St-Pierre a fait ses premiers pas en arts martiaux mixtes. Aujourd'hui au sommet de sa discipline, il est toujours épaulé par Midoux, qui remplit des rôles multiples.

« C'est comme un petit frère pour moi, explique Midoux. On habite dans la même maison. Je l'aide pour qu'il ne vive pas de moments de découragement pendant son entraînement. Je suis là pour qu'il ne pense à rien d'autre qu'à sa préparation. »

Midoux va même jusqu'à filtrer les courriels de St-Pierre dans les semaines qui précèdent ses combats. « Les gens n'y pensent pas, mais parfois ils envoient des messages ou des vidéos qui pourraient déranger la concentration de Georges. Je les garde de côté et lui montre après son combat. »

Il s'assure aussi que le champion ait un reflet juste de ses actions. « J'ai le rôle du méchant. Tout le monde est gentil avec lui parce qu'il est champion. On lui dit qu'il est bon, qu'il est fin. Georges n'a pas la tête enflée, mais on doit quand même lui dire la vérité. Si un entraînement ne m'a pas plu, je vais me permettre de lui dire. »

Midoux assume son rôle, mais cela ne l'empêche pas d'admirer son poulain. « Je suis fier de lui en tout cas. Je suis fier de sa réussite. C'est quelqu'un qui a de la rigueur. C'est un champion hors norme. »

« Il ne repousse aucun de ses entraînements, même s'il a mal au dos, aux jambes, au coude... Il ne fait jamais un entraînement à 100% de sa forme. De toute façon, le jour du combat, il ne sera pas à 100%. »

Comme tout bon grand frère, Midoux a son idée de l'avenir idéal de St-Pierre. « Je ne lui conseillerais pas de continuer ainsi pendant encore 5 à 10 ans. Mais bon, deux ou trois combats principaux et ensuite, il pourra finir ça en beauté. Il restera un exemple dans ce monde-là. »

Reste à voir si St-Pierre écoutera les conseils de son maître.