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28/02/2013 03:01 EST | Actualisé 30/04/2013 05:12 EDT

Les propos de Tom Flanagan sur la pornographie juvénile ont créé des vagues

EDMONTON - Tom Flanagan, un ancien stratège de Stephen Harper, a été largement et rapidement condamné pour avoir laissé entendre que les gens consommant de la pornographie juvénile ne devraient pas être emprisonnés.

M. Flanagan a émis la controversée remarque lors d'une assemblée communautaire à Lethbridge, en Alberta, mercredi soir. Ses mots ont été enregistrés sur un téléphone cellulaire et rapidement publiés sur YouTube.

Il n'aura pas fallu beaucoup de temps pour que des conséquences s'ensuivent.

CBC a annoncé, jeudi, qu'elle ne ferait plus appel aux services de M. Flanagan en tant qu'analyste — il était un régulier de l'émission «Power and Politics». Dans un communiqué, la rédactrice en chef Jennifer McGuire a déclaré que le radiodiffuseur public mettait un terme à son association avec M. Flanagan.

L'Université de Calgary, où M. Flanagan occupe un poste de professeur, s'est distancé de ses propos. Les dirigeants de l'Université ont également indiqué qu'il quitterait ses fonctions, mais ont pris la peine de préciser que cette décision avait été annoncée avant que ne surgisse la controverse.

Dans une déclaration attribuée à M. Flanagan et publiée sur le site internet de la télévision anglaise de Radio-Canada, celui-ci s'est excusé à tous ceux qu'il a pu offenser. Il a également déclaré qu'il condamnait la violence sexuelle à l'endroit des enfants.

«Dans un contexte universitaire, j'ai soulevé la question théorique des limites de la criminalisation de la consommation de pornographie», cite la déclaration publiée sur le blogue de Kady O'Malley, également collaboratrice à l'émission «Power and Politics» de la chaîne d'information.

«Mes mots ont été mal choisis et dans le tumulte que j'ai provoqué, je n'ai pas été en mesure d'exprimer mon dégoût pour la pornographie juvénile et l'exploitation sexuelle des enfants.»

«Je présente mes excuses à tous ceux qui ont été offensés par ma déclaration, et plus particulièrement aux victimes d'agressions sexuelles et à leur famille.»

M. Flanagan n'a pas répondu aux appels, ni aux courriels de La Presse Canadienne.

À Lethbridge, mercredi soir, M. Flanagan a été questionné sur des remarques qu'il avait faites en 2009 concernant la pornographie juvénile.

«Je n'ai aucune sympathie pour les agresseurs d'enfants, mais je suis préoccupé par le fait que des gens soient emprisonnés en raison de leur préférence en matière d'images», a-t-il ajouté, suscitant la stupéfaction et les huées des gens présents.

«Nous mettons des gens en prison pour des gestes qui ne nuisent pas à autrui», a-t-il dit. «C'est donc une vraie question de liberté individuelle.»

Les propos de M. Flanagan, organisateur de la campagne du Parti Wildrose lors des dernières élections provinciales en Alberta, ont été condamnés par la chef du parti, Danielle Smith, dans un communiqué.

«Il n'y a pas de mots assez forts pour condamner les commentaires du Dr Flanagan. La pornographie juvénile est un crime ignoble qui nuit grandement à toutes les personnes impliquées, y compris le spectateur», a déclaré Mme Smith.

«Pour être clair: le Dr Flanagan ne parle pas en mon nom ni au nom de mon caucus, et il ne se verra plus confier de rôle — formel ou informel — au sein de notre organisation», a-t-elle souligné.

La première ministre Alison Redford a pour sa part affirmé que les remarques de M. Flanagan lui donnaient la nausée, et qu'elles constituaient un exemple parfait d'un argument idéologique poussé à l'extrême.

Les liens existants entre M. Flanagan et le premier ministre Stephen Harper remontent à l'époque du Parti réformiste du Canada. M. Flanagan a agi à deux reprises en tant que directeur de campagne de M. Harper lors de courses à la chefferie. Il s'est également occupé de la campagne électorale des conservateurs en 2004.