DIVERTISSEMENT
28/02/2013 04:15 EST | Actualisé 30/04/2013 05:12 EDT

La websérie «Émilie», chassé-croisé amoureux, prend son envol

François Brunelle

MONTRÉAL - Une nouvelle websérie interactive, «Émilie», qui se déclinera en quatre courts métrages et un film, prend son envol.

Émilie Bibeau y incarne le personnage principal, prise dans un chassé-croisé à travers Montréal, impliquant les quatre hommes de sa vie — incarnés par Patrick Drolet, Guillaume Perreault, Patrick Hivon et Jean-François Nadeau.

Une accroche avait déjà été faite à la Saint-Valentin, avec le chauffeur de taxi Justin Apollon (Didier Lucien) qui dévoilait sa muse, Émilie, sur le web.

Le projet de Radio-Canada et Attraction Images a comme idée de base d'utiliser tous les outils de diffusion et de communication disponibles (web, téléphonie, messagerie, réseaux sociaux) pour raconter une fiction autrement.

Chaque court métrage doit s'attarder sur un des hommes dans l'entourage d'Émilie, et comporter son propre volet interactif.

Au coeur de l'expérience se trouvent des vidéos interactives dans lesquelles des personnages appellent les internautes sur leur cellulaire, des systèmes de boîtes vocales qui donnent des contenus sonores inédits et diverses interactions avec les personnages de fiction.

Pierre-Mathieu Fortin, chef de création à Radio-Canada et producteur, a indiqué la volonté de l'équipe — le scénariste Francis Delfour, les réalisateurs Guillaume Lonergan et Jean-Christophe Yacono — de surtout coller de près l'interactivité à la trame narrative.

«On peut réécouter deux, trois, quatre fois le court avec différentes options et différentes séquences. C'est un peu dans le mode d'un jeu vidéo 'très light'. (...) On est pas dans 'Assassin's Creed'!», a expliqué M. Fortin.

«Une telle série sera toujours jugée sur la qualité de l'écriture et de l'interprétation», a ajouté le chef de création.

Émilie Bibeau («Unité 9», «Tout sur moi») a souligné ainsi le travail de précision durant le tournage, alors que furent filmées toutes les scènes pouvant résulter de l'interaction avec l'internaute.

«C'est un procédé assez lent, très détaillé, très, très précis, a-t-elle fait valoir. Cela demande une certaine patience pour l'acteur, mais représente en même temps un beau défi. Les comédiens vont être appelés de plus en plus à se frotter à une telle technologie.»

M. Fortin croit poursuivre avec «Émilie» dans la lignée de séries interactives telles que «Le Judas» — un style meurtre et mystère — ou «Remix» — alors que chaque épisode était réécrit en fonction des commentaires des internautes.

Pour «Émilie», le producteur estime que la frontière entre le spectateur et le personnage s'effrite davantage.

«Le personnage m'interpelle. Je le joins par téléphone. (Durant les essais), j'avais beau savoir que c'était un personnage, cela me sidérait, je me mettais toujours à lui parler», a illustré M. Fortin.

Il souligne que l'interactivité est plus légère pour le premier court métrage autour du personnage de Jeff, afin que les gens se familiarisent avec la série.

«Cela devient réellement intéressant dans l'écriture, dans notre rapport avec le public. Il y a énormément d'impondérable. On est vraiment loin de la fiction linéaire bien qu'on en émerge toujours.»