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La situation humanitaire s'aggrave en Syrie

Pendant qu'à Rome, le secrétaire d'État américain John Kerry rencontrait jeudi pour la première fois le chef de l'opposition syrienne Ahmed Moaz Al-Khatib, en Syrie, l'organisation humanitaire Oxfam constate une détérioration rapide de la situation humanitaire.

Selon le compte rendu de l'organisation humanitaire britannique Oxfam, le nombre de réfugiés syriens qui fuient les combats vers les pays voisins atteindra bientôt un million de personnes.

Toujours plus de réfugiés

Chaque jour, plus de 5000 Syriens tentent de trouver refuge dans les pays limitrophes, soit en Jordanie, au Liban et en Turquie. Le nombre de réfugiés aurait bondi de 36 %, selon Oxfam, depuis les relevés de décembre dernier.

À elle seule, la Jordanie a accueilli plus de 50 000 réfugiés supplémentaires au cours du seul mois de février, soutient Oxfam.

Il va sans dire que cet afflux massif de réfugiés syriens dans les pays voisins exerce une pression financière et logistique importante pour les gouvernements de ces pays.

Le fardeau que représente cet exode pour les voisins de la Syrie pourrait déstabiliser encore plus l'équilibre géopolitique précaire qui prévaut dans la région, a expliqué Francis Lacasse, responsable de la crise syrienne pour Oxfam, à l'Associated Press.

L'aide internationale se fait attendre

M. Lacasse a par ailleurs déploré le fait que seulement 20 % des 1,5 milliard de dollars d'aide étrangère promis lors d'une conférence des pays donateurs au Koweït, en janvier, aient été donnés jusqu'ici.

Selon Oxfam, les organismes humanitaires qui oeuvrent sur le terrain en Syrie ont un urgent besoin de fonds et de vivres pour venir en aide aux populations éprouvées par les deux années de guerre civile qu'a traversées la Syrie.

John Kerry rencontre l'opposition syrienne

Par ailleurs, le secrétaire d'État américain, John Kerry, a rencontré pendant environ une heure jeudi à Rome le chef de l'opposition syrienne Ahmed Moaz Al-Khatib. La première rencontre entre les deux hommes a eu lieu avant une réunion internationale des « Amis du peuple syrien », dont l'objectif était d'accélérer la transition politique et demander une augmentation de l'aide pour la rébellion.

Le nouveau secrétaire d'État américain, John Kerry, a annoncé que les États-Unis allaient débloquer 60 millions de dollars supplémentaires. Washington va « étendre la fourniture de rations alimentaires et de médicaments à l'opposition, y compris au Conseil militaire suprême de l'opposition », a-t-il précisé.

L'aide américaine aux réfugiés syriens transitait jusqu'à présent par les organisations humanitaires.

La réunion des « Amis du peuple syrien » rassemblait l'opposition syrienne et onze pays : les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, l'Italie, la Turquie, l'Égypte, la Jordanie, l'Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis, qui soutiennent les opposants au président Bachar Al-Assad.

Le secrétaire d'État américain avait plaidé mercredi à Paris pour augmenter l'aide à la rébellion et « accélérer la transition politique » en Syrie. Washington réclame le départ de M. Assad.

La communauté internationale a mis Damas et l'opposition sous pression pour qu'ils amorcent des négociations afin de trouver une issue à la guerre, qui a fait 70 000 morts en deux ans.

Hollande compte sur Poutine pour une solution politique

Jeudi, en visite à Moscou, le président français François Hollande a déclaré espérer une « solution politique » rapide pour mettre fin à l'escalade du conflit en Syrie, un thème qu'il entend aborder avec son homologue russe Vladimir Poutine.

Avant Rome, John Kerry avait rencontré à Berlin son homologue russe Sergueï Lavrov.

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